La scolarité est loin d'être un chemin tracé d'avance dont on peut anticiper les étapes et prévoir l'issue. Que l'on ait été soi-même heureux à l'école ou, au contraire, que l'on ait connu une scolarité difficile, en tant que parent à l'écoute des besoins de son enfant, on souhaite forcément, dans ce domaine comme dans d'autres, le meilleur pour lui - le meilleur rapport à l'école, pas nécessairement les meilleurs résultats, autrement dit un enfant épanoui. Et, à l'école comme à la maison, cela passe aussi, souvent, par le lâcher-prise.

Et si l'on commençait par lâcher prise quant aux attentes que l'on fait peser sur les épaules de nombreux enfants scolarisés ? Les nôtres, en tant que parents, mais aussi celles de l'école, en tant qu'institution, et celles des enseignants, en tant que personnes avec lesquelles l'enfant va établir des liens particuliers. Être scolarisé ne devrait pas être soumis à une obligation de résultat, ou à tout le moins le résultat ne devrait pas être une priorité, mais bien plutôt la conséquence du plaisir que l'enfant va trouver à apprendre, et donc à comprendre et à s'approprier des connaissances et développer un certain nombres de compétences. Gardant cela en tête, nous pouvons apprendre à relativiser, voire dédramatiser, dans bien des situations.

Un exemple parmi d'autres

Je me souviens d'un épisode de la scolarité de mon aîné, lorsque celui-ci était en petite section de maternelle. Je précise qu'il y était allé à sa demande. Je n'avais pour ma part aucune exigence, si ce n'est celle de le sentir heureux de s'y rendre, en confiance et prenant du plaisir à découvrir et à apprendre. Je fus un jour convoquée par la maîtresse, qui m'annonça que mon fils ne « maîtrisait pas » la tenue de son crayon et que cela risquait de poser des problèmes dans « la progression de ses apprentissages ». Devant mon air abasourdi, elle crut bon de me rassurer en me disant : « Ah, mais ne vous en faites pas, il suffit que vous le fassiez s'entraîner un peu à la maison et tout rentrera dans l'ordre ! » Elle me montra alors comment mon fils devait tenir son crayon pour être un bon apprenti scripteur et m'encouragea à le lui replacer correctement dans la main sitôt que je le verrais mal le tenir. Je lui répondis que je n'étais pas inquiète et que je préférais le laisser apprendre et progresser à son rythme et que je ne doutais pas qu'il parviendrait à tenir son crayon si nous lui en laissions le temps. Quelques jours plus tard, la maîtresse m'annonça fièrement que « notre travail » avait porté ses fruits puisque, grâce à ses conseils et à ma vigilance de maman, mon fils tenait désormais parfaitement son crayon et traçait de belles boucles et de jolis cercles. Je lui répondis que je m'en réjouissais mais que je n'avais fait que continuer à le laisser libre d'apprendre et progresser à son […]

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