© Jenny Balmefrézol-Durand
Rebozo est le nom d’un châle au tissage robuste trouvant ses origines au Mexique. S’il se prête à de multiples usages pratiques, il confère également son nom à un soin féminin bien particulier... Entre rituel de passage, temps de bien-être et de nettoyage, le soin Rebozo n’a pas fini de vous étonner !

Le rebozo est un symbole fort pour les femmes mexicaines. Quelles que soient leurs origines sociales, à la puberté, chacune acquerra son rebozo, qui matérialise alors sa féminité et sera son allié dans bien des situations. Au Mexique, le rebozo constitue un accessoire utilisé presque quotidiennement par les femmes. Portage des bébés, châle de parure, hamac, baluchon, foulard vestimentaire, son utilité est variée et son solide tissage lui assure une vie longue et donc bien remplie.

Un soin traditionnel

Les sages-femmes, au Mexique, utilisent cette écharpe durant l’accouchement pour bercer la femme en travail. Le rebozo sert aussi parfois à faire des mouvements de serrage et de manipulation non-intrusive et non-violente, pour déplacer un bébé quand il est mal positionné, cette technique est nommée la « sobeada » du verbe « sobar » qui signifie pétrir en espagnol. Le soin rebozo est au Mexique une attention exclusivement réservée à la période post-natale, il est reçu par la femme qui vient d’accoucher. Ce soin permet de resserrer le bassin qui a été pendant neuf mois écarté, étiré et plus encore lors de l’accouchement. Il permet de se réapproprier son corps et de retrouver sa vitalité stimulée par les différentes étapes du soin. C’est également un rituel symbolique de fermeture de la période de la grossesse et d’ouverture à la nouvelle vie de mère. Il se fait juste après la naissance, et est donné par deux femmes : une sage-femme et une femme qui entoure la maman à ce moment-là, ce peut être sa sœur, sa tante, sa mère, etc. Sur une durée de quarante jours, la femme le recevra trois fois. Traditionnellement, elle est invitée pendant cette période à rester allongée auprès de son bébé pour reposer son corps et favoriser le lien mère-en­fant. Les femmes de sa communauté vont donc s’occuper d’elle et du bébé, notamment en prenant en charge les travaux quotidiens. À l’issue de sa convalescence, la femme recevra pour la dernière fois le soin avant de se relever pour reprendre sa vie de femme et d’épouse. Ce soin n’est pratiqué au Mexique à aucun autre moment de la vie. En Occident, il a été adapté et retravaillé afin d’être accepté et réalisable dans notre société. Il a aussi été ouvert afin d’être proposé pour célébrer et ritualiser d’autres étapes de la vie. Sa structure, son cadre, son rythme ont été revisités, parfois peu, parfois plus et cela varie selon les praticiennes1.

Les étapes du soin

Après un temps d’accueil de la femme, comprenant les présentations et une discussion sur les raisons de sa […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.