© Guillemette Lepelletier
Notre vision du maternage laisse une large place à l’accompagnement des désirs de l’enfant. Dans son autonomie, dans ses apprentissages, nous mettons un point d’honneur à respecter ses choix. Qu’en est-il de son alimentation ? Est-ce que, dans ce domaine aussi, nous prenons en compte ses envies ou finalement bien peu tant il nous semble nécessaire « qu’il ne manque de rien » pour grandir en santé ? Quelles réponses apporter aux désirs alimentaires de l’enfant ? Considérer que l’enfant ne sait pas ce qui est bon pour lui ou, au contraire, nous laisser guider par ses désirs ? Que nous apprennent les désirs alimentaires de nos enfants ? Pour répondre à ces questions, nous avons rencontré le seul scientifique à en avoir fait un sujet de recherche : quand la science éclaire la conscience.

Olivier Soulier, médecin homéopathe français, exerce depuis plus de vingt-cinq ans dans la région lilloise. Conférencier, auteur, il est le créateur du concept de « médecine du sens » à l’origine du mouvement de compréhension du sens des maladies1. Pour lui, « chaque aliment est révélateur du problème et de la solution trouvée pour s’en sortir2 », « un indicateur de ce que l’on est3 ».

Le cercle vertueux de l’alimentation

À l’approche didactique des nutritionnistes quant à l’éducation à l’alimentation que nous avons déjà questionnée dans un précédent article4, s’oppose celle liée à une vision de l’aliment comme témoin, indicateur et guide. Si nous considérons les symptômes corporels comme des révélateurs de nos besoins non satisfaits5, les décrypter sans attendre, par la mise en conscience du sens de nos désirs alimentaires, nous permet d’engager le changement avant la maladie, pour nous-mêmes comme pour nos enfants. Nous voici alors dans un cercle vertueux de l’alimentation : ce que l’enfant vit → ce qu’il a envie de manger au moment où il le vit → les conséquences que cela a sur sa digestion (cascade métabolique) → les conséquences de cette digestion sur son moral et son psychisme (alerte) → ce qu’il vit... Par besoins, nous entendons les fondamentaux psycho-émotionnels (sécurité, identité, réalité d’être) ainsi que ceux qui sont plus physiologiques pour un juste équilibre du cerveau (neurotransmetteurs)6. Nos perceptions conscientes (aversions, influences extérieures, symbolique des aliments) comme nos perceptions biologiques (perméabilité intestinale, allergies, intolérances) sont là pour nous amener à nous interroger sur ce que nous vivons afin de réduire l’écart avec nous-mêmes.

L’enfant et sa mémoire

L’être humain fonctionne sur la base d’une « banque de données des aliments », fonction du plaisir qui y est associé comme une « mémoire des expériences alimentaires ». Si nous sommes forcés à manger, nous nous coupons du désir et empêchons la mémoire des aliments de se […]

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