© Syvie Durand
Ingrid Bayot est sage-femme, formatrice en périnatalité et allaitement. Son livre intitulé Le Quatrième trimestre de la grossesse1 est une mine d’informations destinées aux familles, mais aussi aux décisionnaires politiques, pour optimiser l’accompagnement et l’entourage des mères au cours de ce trimestre si particulier dans la vie d’une femme.
  • Grandir Autrement : Ingrid Bayot, qu’observez-vous aujourd’hui dans les interactions des grands-parents avec les familles qui accueillent un nouveau-né et quelle place revient aux grands-­parents dans le cadre du quatrième trimestre de la grossesse ? Ingrid Bayot : Je rencontre des nouvelles familles via plusieurs biais : quelques problèmes d’allaitement débutant, les Entretiens sommeil2, et bien sûr, mes « enfants » et leurs amis et amies, qui deviennent parents. J’observe des situations fort variables. L’éloignement ou la proximité, les types de relation entre les générations, les attentes des uns et des autres, la capacité de dialogue, la disponibilité des grands-parents dont beaucoup sont très actifs professionnellement et personnellement, créent autant de modalités, par ailleurs mouvantes. Dans les Entretiens sommeil, les parents me rapportent leurs difficultés devant un enfant qui ne dort pas beaucoup ou « pas bien » ; cela fait émerger tous les thèmes de parentalité, dont le support qu’ils reçoivent – ou non – de la génération précédente.  Les grands-parents sont cités de manière parfois positive, parfois mitigée ou franchement négative : « Oui, ma mère venait m’aider, mais c’était en échange de quelque chose. Elle voulait que j’écoute ses conseils, adopte ses manières de faire. Elle voulait cajoler le bébé, même s’il était tout petit. Mais comme elle venait avec des cadeaux, je ne savais trop comment lui dire. » Ce genre de phrase suscite plusieurs réflexions. Quelle est la place des grands-parents ? Conseillers ou support des parents, ou alors, les deux, mais avec quelles balises, quelles limites ? Quel est le rôle des cadeaux ? Élan du cœur ou monnaie d’échange ? Et avec quelle possibilité de clarifier les vrais besoins des parents ?Le nouveau-né et sa mère ont encore besoin en tout début de vie d’être très proches l’un de l’autre, dans un temps de transition qui fait suite aux intenses interdépendances biologiques et sensorielles de la grossesse. La mère ne « donne » pas son bébé, pas plus qu’on ne le lui « prend ». Elle confie car elle a confiance : en son conjoint, une amie, sa mère, en quelqu’un de bienveillant et significatif pour elle, et avec qui elle peut faire alliance en toute sécurité. Dans la théorie de l’attachement, il est décrit que c’est la sécurité des relations premières avec une « figure d’attachement » qui stimule, chez le bébé, ses capacités d’exploration et d’ouverture sur le monde. Mais le nouveau-né n’a pas besoin de « passer dans tous les bras ». Autour de la naissance, il me semble que les grands-parents sont d’abord là pour les nouveaux parents, pour soutenir la nouvelle cellule […]

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