© Laura Couëpel
© Laura Couëpel

L’allaitement est vieux comme le monde et, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il fonctionne plutôt bien. Pour preuve : la survie de notre espèce, qui, si cette façon de prendre soin de ses petits n’avait pas été adaptée, aurait disparu depuis longtemps. Pourtant, au vingt-et-unième siècle, en France, comme dans la plupart des pays industrialisés, l’allaitement, passé les premières semaines, voire les premiers mois, est généralement considéré, au mieux comme inutile et farfelu, au pire comme abusif et pathologique. Que s’est-il donc passé pour que nous en arrivions là ? Et surtout, comment pouvons-nous redonner sa place à un geste multimillénaire, permettre aux mères d’allaiter sereinement leurs enfants et à ceux-ci de bénéficier de la protection et du réconfort du sein maternel et de son précieux élixir ?

Bien que nous appartenions au clade des mammifères, dont la caractéristique principale est d’allaiter ses petits, l’allaitement ne coule pas de source, loin s’en faut, pour tous les humains. Manque d’information, de soutien, recommandations peu fiables et contradictoires, idées reçues, absence de modèles : on peut même dire que l’allaitement est un vrai problème dans notre société et que, de ce fait, cela représente un véritable enjeu d’y remédier, au risque, sinon, de concourir au déclin de notre propre espèce, tant les répercussions de l’allaitement (et du non-allaitement) sont nombreuses et importantes1.

Découverte du problème

Le problème avec l’allaitement m’est apparu de manière brutale lorsque j’ai entrepris d’allaiter mon premier enfant. Bien que n’ayant pas particulièrement été entourée de femmes allaitantes avant de songer à devenir moi-même maman, la question de savoir si, oui ou non, j’allaiterais mon enfant ne s’est jamais posée. C’était pour moi une évidence : j’allais porter mon enfant, il se développerait en mon sein, puis, le temps de la grossesse révolu, c’était tout naturellement à mon sein qu’il allait poursuivre son développement. À tel point que je ne me suis pas informée sur la « marche à suivre » pour réussir mon allaitement, pas plus que sur les éventuelles difficultés auxquelles je pouvais être confrontée ou encore sur les ressources existantes en cas de nécessité. Ma détermination et mes convictions ont donc été mes principales, pour ne pas dire mes seules, alliées dans cette première aventure lactée. Avec le recul, l’expérience de mes allaitements suivants et les connaissances acquises entre-temps, il m’apparaît clairement que j’aurais pu poursuivre cet allaitement bien au-delà des neuf mois que j’y ai consacrés en me prémunissant des mauvais conseils qu’il m’est arrivé de suivre et en évitant nombre d’erreurs commises par manque d’information.

Recommandations des autorités sanitaires…

Prendre connaissance des recommandations officielles émanant des autorités sanitaires en matière d’allaitement permet, outre de s’informer, de vérifier que celles-ci sont sans équivoque. Depuis le début des années 2000, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) recommande un allaitement exclusif de six mois, et la poursuite de l’allaitement avec des aliments de complément jusqu’à 2 ans ou plus2 […]

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