© Jenny Balmefrézol-Durand
L’assistante maternelle accueille à son domicile des enfants de 2 mois et demi jusqu’à 3 ans environ. Elle gère les temps d’éveil, de sommeil, de repas, de jeux, de sortie, les soins. Elle utilise du matériel de puériculture comme le transat et la poussette pour le bercement et les déplacements et porte beaucoup à bras. Le portage commence à peine à percer dans ce métier.Bien que le portage soit très pratique, il ne fait pas partie de la formation de base des assistantes maternelles. Certaines PMI1 sont d’ailleurs frileuses, ainsi qu’en témoignent Lucie : « La PMI m’avait dit “ok, mais pas plus de trente minutes” » et Anaïs : « Vous verrez ça avec les parents mais je n’y crois pas, et faites-vous faire une attestation vous l’autorisant ». Au-delà de ces interdictions ou réticences, le portage est encore une pratique marginale. Certains relais d’assistantes maternelles2 y sont d’ailleurs opposés, souvent par ignorance : • « Ce n’est pas pratique. » • « Le portage est réservé aux bébés de moins de 3 mois et aux mamans. » • Le portage abîme le dos.De plus, une forte majorité d’assistantes maternelles pense que le portage nécessite l’accord des parents, ce qui constitue un frein énorme. Carole explique : « Je porte avec l'accord des parents uniquement. ». D’un côté, on peut le comprendre, pour la sécurité par exemple. De l’autre, hormis indications de la PMI, pourquoi ne pas simplement voir le porte-bébé comme du matériel professionnel (au même titre qu’une poussette), comme un accessoire de puériculture ? L’assistante maternelle ne requiert alors pas l’accord de ses parents employeurs, elle les informe simplement qu’elle pratique le portage. Carla témoigne : « Je n’ai pas spécialement demandé aux parents. Je leur en parle lors de l’entretien et j’ai toujours eu un bon retour, jamais d’objection. »

Pourquoi les assistantes maternelles refusent-elles souvent de porter ?

Petit tour d’horizon des raisons avancées : • Ça fait mal au dos : avec un porte-bébé adapté et bien réglé, on n’a pas mal au dos. Et certainement moins qu’en portant à bras. Nous avions d’ailleurs consacré un article à ce sujet3. • C’est fusionnel, trop intime. Karine le dit : « Ce contact très proche est pour moi quelque chose qui doit rester entre l’enfant et ses parents. » Pour Hélène aussi, « le portage était réservé exclusivement aux mamans », elle « ne se sentait pas concernée en tant que professionnelle »… avant de changer d’avis. • Je ne veux pas privilégier un bébé (même des nounous porteuses s’imposent cette limite). Cynthia, maman, le vit : « Mon assistante maternelle m’a dit ne pas porter car elle veut être pareille avec tous les enfants et que ce n’est pas possible pour elle de porter aussi les grands [...] Je me rattrape à la maison.  […]

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