© Jenny Balmefrézol

Dans de nombreuses cultures et depuis des millénaires, le placenta n’est pas considéré comme un simple déchet organique. En France, quand le sujet est abordé, c’est pour faire don de son placenta afin qu’en soient récupérées les cellules souches. Reprendre possession de son accouchement, c’est aussi reprendre possession de cette partie de soi-même – ou plutôt de son enfant. Mais pour en faire quoi ? Grandir Autrement s’est penché sur la question symbolique et l’utilisation médicale possible du placenta.

Les cellules qui forment le placenta viennent du fœtus lui-même : ils partagent le même code génétique et ont la même origine. Nouveau-né et placenta sont donc identiques1. La fonction de cet organe est d’être au service du fœtus, de lui donner exactement ce dont il a besoin. Georges Didier parle de complémentarité absolue. Cet « autre » identique serait l’archétype de la relation fusionnelle. La mémoire du fonctionnement fœtal confond et projette cette fonction placentaire sur l’autre, et d’abord sur la mère. C’est sans doute un des premiers traumas de la naissance : la perte de cette relation placentaire, de cet idéal. À la lumière de cet état des lieux, sans même se pencher sur les coutumes ancestrales, le placenta ne peut être considéré comme un organe inutile après la naissance. Gabrielle a senti, sans le savoir, toute l’importance du placenta pour son enfant au moment de la délivrance. Elle l’a donc mis en terre afin de faire pousser un arbre qui grandit en même temps que son fils. Inès a choisi quant à elle d’en conserver l’empreinte, réalisée à la gouache, afin de matérialiser le « jumeau » de sa fille.

Un aspect symbolique mais aussi curatif

Plusieurs analyses de la puissance curative naturelle du placenta ont été effectuées à partir de l’étude des habitudes de traitement réalisées dans la sphère intime, dans le temps et dans différentes cultures. Cornélia Enning2 les récapitule et met en évidence recettes et remèdes. Ainsi, les remèdes issus de son propre placenta sont semblables à de l’auto-transfusion, pour l’enfant comme pour sa mère. Le spectre de soins est large pour un placenta à terme. Il stimule notamment la lactation, favorise le retour à la forme et est efficace en prévention de la dépression post-partum. Pour le nouveau-né, en utilisation interne, il est utile pour les coliques et les maladies infantiles (coqueluche, toux nocturne, fièvre, réactions cutanées) et en externe pour les érythèmes fessiers et les dermatites. Concrètement, il renforce les défenses immunitaires de l’enfant et peut multiplier l’efficacité des autres remèdes. Cependant, de manière identique à l’effet sur le fœtus de l’alimentation et des émotions pendant la grossesse, le placenta verra lui aussi ses capacités curatives en dépendre. De plus, si la naissance a été médicalisée, le placenta gardera la trace des médicaments. De ce fait, son effet curatif sera […]

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