Associer un élément majeur du corps humain à une valeur fondamentale pour vivre en joie et en santé, c’est tout le propos de cet article. Pour la plupart d’entre nous, l’existence du périnée nous est révélée une fois enceinte. Sa multitude de fonctions montre pourtant son utilité dès le plus jeune âge, et même dès notre naissance. Tant d’un point de vue physiologique, psycho-émotionnel qu’énergétique, le périnée est intimement lié à la confiance. D’où l’importance de l’entretenir”!

Le périnée est un hamac dans lequel sont posés la vessie, le rectum et les organes génitaux. Constitué de muscles, de ligaments et de membranes très solides, il se trouve donc entre les jambes et dispose de trois orifices : urètre, vagin et anus. Un périnée mobile et élastique plutôt qu’un périnée tonique est bénéfique pour plusieurs raisons :

  • le maintien des organes (plancher pelvien) ;
  • la continence : la miction (évitons de forcer), la défécation (gare à la constipation… qui pèse !) ;
  • les fonctions sexuelles et reproductives ;
  • l’équilibre postural ;
  • la respiration (en miroir avec le diaphragme, pour assurer la vie et la gestion des émotions).

« Nous sommes tous nés d’un périnée. Il est notre base, notre socle, notre assise1 », sans compter qu’il fait preuve d’une grande adaptabilité, jusqu’à laisser passer un bébé !

Quant à la confiance, celle-ci fait référence à notre capacité à nous imposer au monde, à nous affirmer avec force, à faire preuve d’audace. C’est par notre posture physique que celle-ci s’incarne d’abord : par notre corps qui tient debout grâce à notre périnée qui évite la chute de nos organes !

Confiance dans le corps

« En effet, lorsque l’être humain s’incarne, il est préférable pour son équilibre qu’il ait les pieds sur terre et la tête dans le ciel. Or, lors de l’accouchement, il se présente la tête la première, se met en horizontalité, fait ou non du quatre pattes, puis se décide à la verticalité. Toutefois, pour tenir debout, il a besoin de ses trois ceintures horizontales : le scapulaire, qui s’apparente à une assiette plate, le diaphragme, qui a la forme d’un dôme, et le périnée, qui ressemble à une assiette creuse – pas si creuse que cela, car il contient l’évacuation des eaux usées (par les reins, la vessie et l’urètre), l’évacuation des selles (par le rectum et l’anus)2 […] ».

L’être humain, dans son lien à la terre par la gravité, passe en douceur en position verticale, le portage étant un véritable atout tant en termes de physiologie puisqu’il favorise l’exploration de cet axe vertical par la contenance, les appuis, le soutien, qu’en termes de croissance émotionnelle puisque, solide sur sa base, le parent partage avec lui sa confiance, sa sécurité intérieure, sa capacité à avancer avec élan dans la vie.

S’ancrer en confiance

« L’ancrage et la verticalité sont les éléments de la construction de la confiance, du sentiment d’existence, de l’intelligence et du sens des responsabilités.3 ». Le périnée est le siège du chakra racine, centre d’énergie de base. Un chakra est un émetteur-récepteur, voire un amplificateur d’énergie. Au nombre de sept principaux, ils permettent la circulation de l’énergie vitale dans tout le corps. Le premier se situe à la base de notre colonne vertébrale, au cœur du périnée. C’est à partir de lui que s’animent les autres chakras : un blocage à ce niveau empêche les énergies de monter et nous empêche donc de nourrir nos besoins et de définir notre place. Reliés à notre besoin de survie, c’est une fois comblés et en sécurité que nous sommes prêts à expérimenter le monde physique.

Émotions en stock

En chinois, le périnée se traduit par « lieu où se cristallise la mémoire de nos origines4 ». Il semble effectivement que cet espace soit un lieu de stockage tant pour l’histoire féminine d’après Fanja Randriamanjato, sage-femme, que pour les émotions du quotidien. Selon elle, « la tristesse affaisse le périnée, la douleur le resserre, la peur le fige, la joie le déploie. L’amour, la mise au monde, les traumatismes sexuels peuvent y laisser des cicatrices invisibles et indélébiles5 ». Pour le Dr Danièle Flaumenbaum, le périnée « est non seulement le lieu de l’enracinement de nos lignées paternelle et maternelle, mais aussi le lieu de la mémoire de tous nos ancêtres archétypaux. L’empreinte de notre propre origine est en effet inscrite en chacun de nous. En stimulant ce muscle, nous y inscrivons de nouvelles empreintes, la nouvelle mémoire de notre identité6 ».

Faire grandir la confiance… en ouvrant la bouche

Le lien entre la bouche et le périnée par la chaîne musculaire postérieure permet de travailler la détente et la mobilité de l’un par l’autre : quelle bonne nouvelle ! Spontanément d’ailleurs, une femme qui accouche va ouvrir la bouche et/ou sonoriser : « Ouvrir la bouche en grand pour accoucher ouvre le passage pour le bébé ou, en tous cas, facilite cette ouverture7 ».

Prendre soin en conscience de dégager les tensions installées dans la mâchoire, les dents serrées… par le mouvement, les bâillements, les grimaces va permettre en écho de prendre soin de notre base.

Le périnée est souvent mis à mal par l’âge, par nos mauvaises habitudes, d’autant plus avec l’épisiotomie. Pour autant, « un périnée fatigué parle d’un organisme fatigué8 » puisque le corps va prioriser les organes vitaux, dont le périnée ne fait pas partie. Alors prenons garde à notre tension intérieure et à nos fesses serrées. Pour nous libérer des émotions qui nous intoxiquent (au bout de 90 secondes seulement), rien ne vaut le mouvement. Bouger le bassin en dessinant par exemple le ∞ de l’infini, c’est même une équilibration en kinésiologie. Soyons notre propre thérapeute : prenons soin de notre équilibre tête-cœur-corps en plaçant notre conscience dans notre périnée, notre centre de gravité si souvent négligé. « Se reconnecter à soi, se sentir, se percevoir, rire, jouer : un cocktail bon pour la santé !9 » Associer un élément majeur du corps humain à une valeur fondamentale pour vivre en joie et en santé, c’est tout le propos de cet article. Pour la plupart d’entre nous, l’existence du périnée nous est révélée une fois enceinte. Sa multitude de fonctions montre pourtant son utilité dès le plus jeune âge, et même dès notre naissance. Tant d’un point de vue physiologique, psycho-émotionnel qu’énergétique, le périnée est intimement lié à la confiance.
D’où l’importance de l’entretenir !

Zoom sur le massage vaginal comme auto-traitement

Le Féminin sauvage, Trouver puissance, esprit et joie dans le corps féminin, Tami Lynn Kent, Éditions Véga (2011), p. 52.

« Le massage vaginal est un massage interne non-sexuel, qui apaise et revivifie les muscles essentiels. C’est un outil essentiel de la physiothérapie féminine et il joue un rôle important dans le rétablissement de l’équilibre physique et énergétique de la cuvette pelvienne. Reprenant les techniques générales du massage, cette méthode permet de traiter les muscles dans lesquels la tension s’est accumulée. Elle est plus nourrissante que sexuelle, parce qu’elle s’intéresse aux muscles internes plutôt qu’à la muqueuse ou au clitoris […] L’avantage du massage vaginal est de traiter les déséquilibres avant l’apparition des symptômes et, pour cette raison, il devrait faire partie du programme de soins de toutes les femmes. »

Par symptômes pelviens, on entend douleurs, prolapsus, fuites urinaires…


1 Un périnée heureux, c’est possible, Efféa Aguiléra, Éditions Le Courrier du livre (2018), p. 119.

2 Dr Marie-Claude Luley-Leroide, op. cit., p. 14.

3 Prendre soin de son périnée à tout âge, Pourquoi et comment ? Fanja Randriamanjato, Éditions Le Courrier du livre (2019), p. 269.

4 Ibid., p. 265.

5 Fanja Randriamanjato, op. cit., p. 27.

6 Femme désirée, femme désirante, Dr Danièle Flaumenbaum, Éditions Payot (2006), p. 53.

7 Efféa Aguiléra, op. cit., p. 84.

8 Ibid., p. 102

9 Le Périnée ludique, Une méthode de rééducation périnéale qui ouvre la voie à une féminité épanouie, Marie-Josée Falevitch, Éditions Josette Lyon (2019), p. 197.

Grandir Autrement a accompagné mes premiers pas de maman (et ceux du papa) en 2007, la naissance de chacun de mes 4 enfants, ma vie en Turquie puis en Nouvelle-Zélande ainsi que ma naissance de Femme heureuse au service d’autrui. Educatrice spécialisée titulaire d’un master en psycho-sociologie, mon parcours est jalonné de formations en Naturopathie puis en Médecine Traditionnelle Chinoise, en développement personnel, spirituel et en mémoire cellulaire. Rédactrice depuis 2013, un temps au Conseil d’Administration, je me régale du travail effectué par l’équipe grâce à laquelle j’apprends encore et prends un réel plaisir à partager les sujets qui me tiennent à coeur.

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