© Mabel Amber, still incognito... from Pixabay
La grossesse puis l’arrivée du premier enfant bouleversent l’équilibre du couple. Tout change, de deux, on devient trois, puis parfois quatre, cinq, etc. Alors que nous avions une bonne partie de notre temps libre disponible pour se consacrer à notre conjoint.e, nous avons soudain l’impression de l’oublier, et même parfois, de ne plus le reconnaître.

Dans la majeure partie des cas, avoir un enfant ensemble est un choix de couple. C’est un événement source de bonheur et de joie, et s’il s’associe généralement à des peurs (de ne pas savoir comment s’occuper du bébé, de « perdre » son conjoint.e, de voir tout simplement sa vie « d’avant » disparaître), c’est un bouleversement heureux. Il est important pourtant de prendre conscience qu’accueillir un petit être n’est pas anodin, ce n’est pas un choix de couple comme les autres, il ne s’agit pas d’acheter une voiture ensemble, un appartement ou une maison. Beaucoup voient dans la décision de faire un enfant l’engagement que cela crée vis-à-vis de l’autre parent. Mais il ne s’agit pas que de ça, il s’agit surtout d’un engagement vis-à-vis du bébé à naître. Le vrai bouleversement pour le couple est là.

La Lune de lait

Dans le numéro précédent de Grandir Autrement1, il était question dans un article de la Lune de lait, joli nom donné, au Portugal, aux premiers mois avec Bébé. Cette expression est très vraie : si les premiers mois ne sont évidemment pas exempts d’amour entre les parents, ces derniers sont tout entiers tournés vers leur bébé qui a, dans les premiers temps de sa vie, besoin de soins, d’attention, d’être câliné, d’être porté, et qui a besoin, évidemment, de lait, passant donc beaucoup de temps au sein de sa maman s’il est allaité ! La Lune de miel est alors bien loin… Selon les couples, le ressenti sera différent. Certains vivront avec bonheur ce temps de fusion avec leur tout-petit, se plongeant dans une bulle de douceur, et n’auront en aucun cas le sentiment que leur amour perd de son importance : au contraire, leur amour n’en sera que décuplé par le bonheur d’aimer ensemble leur enfant. Ce sentiment, beaucoup de couples le ressentent à la naissance de leur enfant, la difficulté est de le faire durer. Or, les durées des congés maternité et paternité ne contribuent pas à maintenir ces temps enchantés.

Mère débordée, père dépassé

En France, le congé paternité est de onze jours et le congé maternité de trois mois. Pour les parents qui n’ont pas la possibilité ou la volonté de poser des congés payés ou de prendre un congé parental, la reprise du travail de l’un ou des deux parents signe souvent la fin de la douceur des premiers temps. C’est, pour beaucoup, le retour « à la vraie vie » (ce qui questionne profondément notre vision de ce qu’est la vie, d’ailleurs). Si le père reprend après onze […]

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