© Anaïs Tamen

Si les questions de genre sont revenues à l’avant-scène de l’actualité, les inégalités femmes/hommes persistent et se vivent au cœur de la vie de famille. Le féminisme, c’est la prise de conscience par tous, femmes et hommes, d’un système social inégalitaire et d’une culture machiste dominante (subliminale ou outrancière mais intégrée), et la recréation de normes et de lois inclusives. Aujourd’hui, certains pères s’élèvent pour réclamer une égalité de traitement quant au congé post-naissance, une des principales sources d’inégalités dans les couples parentaux1.

Contrairement au sexe biologique, le genre, féminin ou masculin, est une pure invention culturelle dont les caractéristiques varient selon les sociétés. Ainsi, attributs, rôles, manières d’être et champs d’action du féminin et du masculin sont définis par des normes sociales implicites. Ces normes sont véhiculées par notre famille, nos cercles sociaux, l’école, le monde médical, les livres, la publicité, les médias, si bien que nous les intégrons dès le plus jeune âge. Elles délimitent les manières d’être au monde des femmes et des hommes, au nom du genre qui leur est attribué : manière d’habiter son corps, de poser sa voix, vocabulaire, activités dans l’espace social, attitudes sexuelles, vestimentaires, professionnelles, sportives, pouvoirs accordés, etc. Il semble que rien n’échappe à cette vision binaire qui nous conditionne tous et assoit la valence différentielle entre les sexes2. À l’heure de l’élévation des consciences, notamment suite au mouvement #MeToo ou à la vulgarisation de concepts tels que la charge mentale, les inégalités restent criantes quant à la sécurité dans l’espace public et familial, la sécurité de l’emploi, les salaires, le temps consacré aux tâches ménagères, aux soins des enfants et des aïeux, la charge mentale, la responsabilité de la contraception, etc. Or, femmes et hommes ont tellement intériorisé misogynie et machisme ambiants que certaines et certains peinent à voir et dénoncer ces inégalités, et même, n’y voient pas vraiment à redire. D’où l’importance, quand on veut s’extraire du prêt-à-penser et réinventer les rapports de genre, de questionner nos conditionnements et les modèles offerts aux enfants en matière de représentations genrées au sein du couple parental hétérosexuel cisgenre3. Qui cuisine le plus ? S’occupe du bébé ? Répare ? Nettoie le linge ? Lit ? Est entendu ? Travaille à l’extérieur ? Pleure ? Est créatif ? Jardine ? Prend soin de son corps ? Part en week-end avec ses ami-e-s ? Fait les courses ? A une pratique spirituelle ? S’épile ? Se soucie de son image ? Etc.

Inégalité parentale, inégalité salariale

On le sait, il faut un village pour élever un enfant. L’isolement durant les premiers mois est pourtant une réalité établie pour beaucoup, et peu remise en cause, de la plupart des jeunes mères. En France, le congé maternité rémunéré pour toutes les salariées date de 1970 et le congé paternité […]

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