© Camille Masset Stiegler

En mars dernier est sorti ce qui était présenté par France Info comme la première étude sur le burn-out parental1. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’on en parlait. 

Burn-out maternel, tel était le sous-titre de l’ouvrage de Violaine Guéritault, paru en 20052. Psychologue de formation, consultante en entreprise sur les thèmes du burn-out et du stress au travail et aussi… mère de deux enfants, elle y montrait que si être mère est un bonheur immense, c’est aussi une situation « à risque » qui expose les femmes à une intense fatigue physique et émotionnelle, et peut les amener à cet épuisement qu’est le burn-out.

Pourquoi le burn-out

Elle identifiait plusieurs caractéristiques du « travail de mère » pouvant l’expliquer : haut niveau de responsabilité vingt-quatre heures sur vingt-quatre et trois cent soixante-cinq jours par an, multitude de stress, partage des tâches très rarement équitable dans le couple parental, tâches répétitives, priorités mal définies, absence de formation, contraintes de temps, absence de contrôle, situations imprévisibles, absence de reconnaissance, etc.
Quelques années plus tard, Stéphanie Allenou publiait Mère épuisée3, et ces derniers temps, les écrits et témoignages se sont multipliés sur ce thème, notamment sur ce qu’on nomme la « charge mentale »4 qui pèse sur les mères et participe des causes du burn-out.

Prévenir le burn-out, en sortir

En fait, l’étude citée au début, réalisée conjointement par la Mutualité chrétienne et l’UCLouvain (Belgique), est la première à se pencher sur la prise en charge spécifique du burn-out parental, sur ce qui marche pour le prévenir et/ou en sortir5.
D’après l’étude, la solution la plus efficace est d’abord d’identifier le problème, et ensuite de participer à des groupes de parole avec d’autres parents.
« Deux types d’interventions de groupe ont été testées par des groupes différents. D’une part, une intervention dite “structurée” dont l’objectif est de rééquilibrer la balance stress/ressources du parent en allégeant les facteurs de stress et/ou en optimisant ses ressources. D’autre part, une intervention de type “groupe de parole”, plus libre, dans laquelle les parents sont invités à répondre à des questions ouvertes afin d’extérioriser leur souffrance, de mieux la comprendre et la soulager avec l’aide du groupe, tout en suivant des thématiques préétablies. Dans ce cas-ci, l’objectif est d’amener les parents à trouver leurs propres solutions ».
Les deux types d’interventions ont fait régresser les symptômes de burn-out respectivement de 32 et 22 %.
Dès 2005, Violaine Guéritault avait bien listé les solutions pour en sortir : identifier le problème, dire stop à la solitude, revoir ses priorités et aller à l’essentiel, se faire aider, prendre soin de soi, apprendre à dire non, savourer les petits plaisirs de la vie et accepter ses limites.

Alors vive les alloparents6 et les groupes de mères (et pères) !


«“On l’a attendu pendant neuf mois et quand il est là, on regrette” : comment le burn-out parental a bouleversé leur vie », https://www.francetvinfo.fr/sante/psycho-bien-etre/burn-out/on-l-a-attendu-pendant-neuf-mois-et-quand-il-est-la-on-regrette-comment-le-burn-out-parental-a-bouleverse-leur-vie_3181009.html
2 La Fatigue physique et émotionnelle des mères, Le burn-out maternel, Éditions Odile Jacob (2005).
Éditions Les Liens qui Libèrent (2011).
Voir, par exemple, la BD d’Emma, Fallait demander, https://emmaclit.com/2017/05/09/repartition-des-taches-hommes-femmes
5 « Sortir du burn-out parental, c’est possible », https://uclouvain.be/fr/decouvrir/actualites/sortir-du-burnout-parental-c-est-possible.html
6 Voir mon texte dans les Vendredis intellos, « Les alloparents, c’est quoi, ça sert à quoi », https://www.claude-didierjean-jouveau.fr/2012/02/02/alloparents-cest-quoi-ca-sert-a-quoi

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