©Camille Masset Stiegler

« J’ai besoin d’un peu de temps pour moi », « Cet été je pars sans mes enfants ». « Mon mari est parti faire du ski avec ses copains pendant les vacances d’hiver alors maintenant c’est mon tour ». « C’est important de se donner du temps pour soi, pour se ressourcer, se reposer, s’occuper de soi-même… Cela fait du bien ». Voici encore un sujet sensible auquel je ne me suis jamais identifiée. Je n’ai jamais eu ce fameux « besoin de me séparer de mon enfant… pour souffler ! ». Pourquoi en parler alors ? Parce que, tout comme dans d’autres sujets en rapport à la parentalité, ce sont les enfants qui portent un poids qui ne leur correspond pas. Ils seraient responsables de notre fatigue du fait de vivre comme ce qu’ils sont, des enfants.

Nous entendons parler de l'épuisement maternel (les pères vivent-ils un épuisement paternel ?). En tout cas, dans le discours courant, les enfants seraient une cause de fatigue et de stress pour les adultes démunis et surmenés. Les gens sans enfants seraient-ils alors les êtres les plus reposés sur Terre ? Cependant, si le terme existe et qu’il fait objet de consultations chez le psy, c’est que les parents souffrent bel et bien de cet état.

Souffler, mais pour quoi au juste ?

J’ai choisi de croire que le fait d’être parents nous rend plus forts et plus créatifs. Les enfants viennent au monde en toute confiance chez des individus plus ou moins compétents et plus ou moins fragilisés. C’est un véritable challenge pour tous ! Malheureusement la société nous rend la tâche difficile en nous imposant des charges et des rôles qui nous mettent en état de faiblesse : les conditions de travail, le temps passé dans les transports, la solitude, le manque d’information sur le développement de l’enfant, l’habitude d’être dépendants, la charge mentale et physique du quotidien, l’individualisme comme objectif de nos actions, l’ennui, la pression liée aux apparences et à la peur de lâcher le contrôle, la surconsommation, l’immédiateté, etc. L’idée développée ici n’est absolument pas celle de l’apologie du sacrifice et de l’épuisement parental. Il y a, certes, des adultes qui vivent un état de fatigue plus important lorsqu’ils deviennent parents. La confusion d’idées à ce sujet survient au moment où nous pensons que c’est à cause des enfants que nous ne sommes pas bien. Comment enlever cette étiquette de parents vulnérables ? Comment faire passer un message, respectueux des personnes, à nos enfants lorsque nous pensons avoir besoin de nous séparer d’eux pour « souffler » ? Et si nous commencions par identifier les vraies causes de notre fatigue ? Car elles sont surtout liées aux contraintes et à l'environnement. Pourquoi reporter sur les autres notre propre fatigue ? La fatigue peut être causée également par le contexte social, par la surcharge de travail, par une mauvaise organisation de notre vie, par le manque de […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.