© Mélanie Mélot www.melaniemelot.fr
Connaissez-vous l’ « adultisme » ? Il s’agit d’une discrimination basée sur le fait d’être un enfant. Plus concrètement, et selon les mots de Barry Checkoway de l’université d’Ann Arbor dans le Michigan1, cela regroupe : « Tous les comportements et les attitudes qui partent du postulat que les adultes sont meilleurs que les jeunes, et qu’ils sont autorisés à se comporter avec eux de n’importe quelle manière, sans leur demander leur avis. » Quelques exemples vont rendre cela plus concret :  
  • renverser/casser un verre. Un adulte n’aura pas de commentaire mais un enfant se fera souvent molester ;
  • les règles instaurées qui ne sont pas respectées par les adultes ;
  • la planification catégorique des heures de repos et du temps nécessaire pour effectuer certaines tâches ;
  • l’utilisation de la force physique prohibée envers un autre adulte mais tolérée dans « certains cas » envers les enfants, etc.
En inoculant aux enfants la croyance (voire la certitude) que les adultes ont le pouvoir de choisir pour eux « car ce sont des adultes et qu’ils prennent les bonnes décisions parce que ce sont des adultes », nous enseignons aux enfants que celui qui a majoritairement le pouvoir peut contrôler celui qui en a moins. En somme, subtilement, malgré la volonté d’accéder à des comportements égalitaires et respectueux de la Terre, en agissant avec les enfants de manière arbitraire, les adultes continuent à propager une logique d’injustice et de pouvoir. Dans les modes d’éducation perpétuant les anciens modèles, la vie des enfants est celle qui s’avère être la plus contrôlée dans la société… (mis à part celle des prisonniers !). Cela paraît fort à lire mais dans quel autre contexte les adultes peuvent : punir, menacer, priver de plaisirs, voire frapper ? Et surtout, que ce soit considéré comme une bonne chose puisqu’il s’agit d’éducation ? De plus, les adultes feraient ce qui est jugé bon pour les enfants par ces actes. Si l’on sort « les enfants » de l’équation, il s’agit proprement d’oppression d’un groupe plus faible en voix (ainsi qu’en représentation sociale et d’accès au Droit). Cependant, c’est extrêmement difficile pour les adultes d’entendre qu’on assimile ces modes d’éducation à de l’oppression. Pourquoi ? Parce que la plupart d’entre nous ont grandi dans ce système-là ! Qui n’a jamais eu envie « d’être plus grand pour enfin faire ce que je veux » ? CQFD.

Le mythe de l’enfant roi

Mais alors, on peut considérer que les enfants sont maîtres de leur destin et qu’ils peuvent tout gérer ? Parce que la grosse crainte des adultes, c’est ça : que les enfants deviennent des tyrans ingérables, des enfants-rois, des êtres insensibles à autrui car tout tournerait autour de leur bon vouloir. D’autant plus que les enfants n’acquerraient que tardivement la notion de responsabilité et de prise de risques, donc il serait impossible de leur faire confiance […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.