© Emeline Rollant
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À la naissance, un bébé a besoin d’être rassuré et contenu, de retrouver les sensations qu’il a connues in utero pour lui permettre de s’adapter en douceur à son nouvel univers. Cela passe avant tout par le contact, l’odeur, la chaleur et la voix de sa mère. Toute intervention extérieure, que ce soit celle de mains étrangères ou de machines, ne peut que contribuer à le déstabiliser voire l’effrayer. La plupart des gestes de routine effectués en salle de naissance devraient donc être évités, d’autant plus que certains sont reconnus comme particulièrement douloureux pour le nouveau-né. Un projet de naissance dont aura pris connaissance l’équipe médicale et un papa attentif qui saura faire barrage en cas de nécessité sont de bons moyens de l’en préserver. Avant la naissance, le bébé est contenu en permanence, en contact étroit avec les parois de l’utérus maternel qui délimitent son espace et limitent son corps. Il est constamment massé et bercé par les mouvements de sa mère. Il n’éprouve ni la faim ni la soif, n’a jamais ni trop chaud ni froid. Il est dans la pénombre et les sons lui parviennent de manière étouffée. Sauf exception, il ne connaît ni le manque ni la douleur. Après la naissance, être en contact avec la peau de sa mère, entendre sa voix, sentir son odeur, être contenu par ses bras et ses mains et tenu au chaud contre elle permet à l’enfant tout juste né de retrouver des repères qui lui rappellent le monde qu’il vient de quitter, le seul qu’il connaisse et qui lui soit familier, de ne pas se sentir perdu dans ce nouvel univers qui lui est étranger. L’accueil respectueux du nouveau-né en salle de naissance implique donc une lumière tamisée, une température suffisamment élevée, un nombre de personnes limité et une attention particulière à éviter les claquements de portes et autres bruits parasites susceptibles de faire sursauter le bébé. Il est également souhaitable que la première personne qui saisisse le bébé au moment de son expulsion soit sa mère ou son père. Si c’est la sage-femme, celle-ci prendra soin de placer aussitôt l’enfant en peau à peau contre sa maman (ou, à défaut, contre son papa).

Le bébé porté, manipulé

Le peau à peau suivant immédiatement la naissance (de manière prolongée, pas uniquement les quelques minutes « réglementaires » avant que Bébé soit emmené pour subir une batterie de tests et de soins) semble de plus en plus répandu dans les maternités. Il devient dès lors moins fréquent de voir son bébé aussitôt emmené pour être lavé, pesé, mesuré, habillé, au passage aspiré – dans l’optique de lui dégager les bronches pour qu’il respire mieux et l’estomac pour qu’il ait faim –, parfois sondé pour vérifier l’ouverture du nez, de l’œsophage et de l’anus, immédiatement supplémenté en vitamine K, sans oublier les gouttes antibiotiques dans les yeux, le contrôle de la glycémie (par dextro – piqûre – au talon), la prise de température (rectale) […]

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