© Aude Gertou
© Aude Gertou
Faire le choix d’accoucher en milieu hospitalier expose à un certain nombre de gestes intrusifs, voire violents. La pause d’un monitoring en continu et les touchers vaginaux sont, par exemple, fréquemment imposés dans de nombreuses maternités. Pourtant, la plupart de ces interventions peuvent être évitées et aucune en tout cas ne devrait être imposée. Être informée des pratiques en vigueur dans la maternité choisie et rédiger un projet de naissance donnant des indications précises sur ses souhaits en ce qui concerne le déroulement de l’accouchement1 peut contribuer à se protéger de toute dérive liée à la médicalisation à outrance de la naissance.Passons en revue les gestes médicaux les plus couramment pratiqués en salle de naissance, voyons en quoi ils sont inutiles et même dangereux, les raisons de les éviter et, pour certains, les solutions alternatives à adopter.

Le déclenchement

Le déclenchement de l’accouchement consiste à provoquer les contractions de manière artificielle, sans attendre que le travail s’amorce naturellement. Plusieurs méthodes sont utilisées : décollement des membranes, introduction dans le vagin de gel de prostaglandines, rupture artificielle de la poche des eaux et perfusion d’ocytocine de synthèse. Hormis dans les cas où le déclenchement de l’accouchement relève d’une indication médicale justifiée (retard de croissance induisant une souffrance fœtale, par exemple), la plupart sont décidés par convenance, que ce soit au bénéfice de la maternité ou des parents (tel jour afin d’être sûr que le gynécologue soit là ou pour éviter que le bébé naisse pendant le trajet entre le domicile et la maternité lorsque les parents habitent loin). Outre la violence faite au bébé en venant ainsi forcer sa naissance alors qu’aucun signe ne montre qu’il y est prêt, le déclenchement rend les contractions plus intenses et douloureuses, l’utilisation des forceps plus fréquente, rallonge le temps de travail, augmente le risque de souffrance fœtale, de dystocie (et par conséquent de césarienne) et d’hémorragie du post partum.

L’accélération du travail

La perfusion d’ocytocine et la rupture artificielle de la poche des eaux peuvent aussi être employées pour accélérer le travail, commencé de manière spontanée, mais jugé trop long. Les répercussions ne sont pourtant pas anodines : contractions plus fortes et plus rapprochées, d’où un recours plus fréquent à la péridurale ; liberté de mouvement réduite en cas de perfusion ; inhibition de la production d’ocytocine naturelle par l’ocytocine de synthèse avec pour conséquence des perturbations dans l’élaboration du lien mère/enfant et risque d’infection en cas de rupture de la poche des eaux.

Le monitoring en continu

La surveillance électronique du rythme cardiaque du bébé présente deux inconvénients majeurs : elle entrave la mobilité de la mère qui se trouve reliée à une machine par des capteurs placés sur son ventre et elle inquiète, la plupart du temps inutilement, sur l’état du fœtus2, sans compter le stress que cela occasionne (sur les parents, c’est certain ; sur les bébés, on n’en sait […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.