Que vous évoque l’image d’enfants en train de cuisiner ? Joie, créativité ? Découverte et plaisir des sens ? Désordre, saleté, danger... Catastrophe ?! Comment laisser les petites mains créer en sécurité et confiance tout en accueillant nos peurs et nos limites ? Rencontre avec deux parents inspirants, David et Florentine, qui ont su transmettre le savoir-faire et l’amour de concocter de bons petits plats de A à Z. David1 est restaurateur et formateur. Papa de cinq enfants de 4 à 25 ans, il habite dans les Cévennes, avec les trois plus jeunes et leur maman, dans un hameau de vieilles pierres qu’ils rénovent petit à petit. Leur histoire a commencé en cuisine ; amour et passion culinaire se sont déclinés en petits cuistots explorateurs. « Tout petits, je les laissais jouer avec des casseroles, des fouets…. Pendant quelques années nous habitions au-dessus de notre restaurant, à Bruxelles. Parfois, à 7 heures 30 du matin, Esteban ou Maëlys, instruits en famille à l’époque, descendaient pour cuisiner avec moi. Chez les enfants l’instinct de se nourrir leur donne envie de toucher, de sentir la nourriture et surtout de découvrir le résultat final. Toucher la matière brute, c’est super pour les petits. Cuire, transformer, participer à l’élaboration d’un plat à chaque étape, ça nourrit leur confiance et leur fierté. Je suis impressionné par leur capacité d'attention lorsqu’ils cuisinent. Mon fils de 4 ans, Émile, peut rester concentré une heure, voire une heure et demie ! Parfois c’est moins long et c’est important de respecter leur rythme, leur laisser le temps et leur faire confiance. » Pour nourrir cette confiance, David conseille de donner des consignes de sécurité claires, par exemple : « quand on a fini avec le couteau on le pose » (pour éviter de gesticuler avec) et de rester présent à son enfant à chaque étape. « Tout est dans l’accompagnement. Si les règles ne sont pas respectées, on arrête. Sans menace, sans reproche, je leur dis : “On fait comme ça pour notre sécurité. Là, je sens que je ne suis pas en sécurité et que tu ne te mets pas en sécurité, alors on arrête”. Je n’ai jamais eu de problème à leur donner des objets tranchants. D'ailleurs, il vaut mieux donner un couteau qui coupe bien. C’est moins dangereux, car avec un couteau tranchant, on appuie moins donc les coupures sont superficielles. Un couteau qui ne coupe pas, c’est frustrant pour l’enfant. Il va s’énerver, perdre patience et abandonner ou appuyer trop fort... Si la lame glisse, ce qui arrive avec les légumes durs comme les carottes par exemple, il risque de se couper profondément. Mes enfants ont toujours utilisé des couteaux professionnels. Le risque est toujours présent, même les professionnels se coupent parfois, mais avec l’expérience et quelques consignes claires, il n’y a pas de gros dangers pour les enfants. S’ils se coupent, ils font plus attention par la suite. À 4 […]

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