© Guillemette Lepelletier
De plus en plus de praticiens de santé s’adressent spécifiquement aux femmes. En quoi la santé des femmes est-elle particulière ? Pour répondre à cette question, commençons par définir les termes. Par santé, l’Organisation mondiale de la santé entend « état de complet bien-être physique, mental et social ». Par femme, entendre personne de sexe féminin dans son libellé biologique, ce qui exclut toutes les personnes qui se sentent femmes alors même qu’elles ne le sont pas physiologiquement (personne intersexe, transgenre, etc.). Peut-on dire alors qu’une femme n’est pas un homme et s’en tenir à cette définition par défaut ? Cette absence de définition claire est déjà un premier élément de réponse : peut-on considérer aujourd’hui que la santé des femmes est un sujet spécifique ? Certaines spécialités médicales concernent particulièrement les femmes comme la gynécologie et tout ce qui touche au cycle menstruel, à la fertilité, à la maternité, au système hormonal aussi. Pour autant, dans son Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes1, Rina Nissim indique que les femmes ont été dépossédées de leur savoir. Dans notre société patriarcale, les savants comme les médecins sont des hommes et l’histoire a brûlé nombre de sorcières. Plus récemment, la société (et le développement de ses entreprises) a créé des besoins sous couvert de références culturelles (et de tabous) au point que les femmes se tournent vers des médicaments plutôt que vers elles-mêmes pour se sentir en santé.

Quelques exemples au féminin

La contraception hormonale et ses conséquences sur la santé est un bel exemple des dérives de la médecine des Hommes sous couvert de liberté. Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus est quant à lui très controversé puisque soupçonné de graves effets secondaires invalidants2. De plus, nous savons, grâce à la libération de la parole des femmes, que les violences obstétricales et les erreurs de diagnostic sont elles aussi légion. En partageant sur le sujet, Camille souligne à ce propos que « Mona Chollet montre dans son livre Sorcières3 à quel point les femmes ne sont pas prises au sérieux comme les hommes quand elles débarquent à l’hôpital. Par exemple, elle dit qu’une femme arrivant à l’hôpital et se plaignant du cœur va se voir diagnostiquer une crise d’angoisse. Tandis qu’un homme se verra diagnostiquer un début d’infarctus. Dans un numéro de Causette4, un article évoquait d’ailleurs qu’en raison de ces diagnostics mal posés, on connaissait très mal les symptômes qui précédaient l’AVC chez les femmes car il s’avère que ce ne sont pas les mêmes que chez les hommes. Pour les femmes, ça peut simplement être des maux de têtes, des malaises, pas la fameuse douleur dans le bras gauche, etc. ». Ajoutons à cette lugubre liste les prothèses mammaires, le port du soutien-gorge : celui qui nous est imposé par la société et que le mouvement No-Bra rejette en masse, pour son manque de […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.