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À l’occasion de la sortie de son dernier livre, Le Monde extérieur n’existe pas, Pour votre santé, changez de perception !1, Grandir Autrement a eu la joie de rencontrer Christian Flèche, fondateur du décodage biologique2. Grâce à son éclairage, la responsabilité de la santé de l’enfant revient de nouveau au parent, qui ne négligera en aucun cas l’étape de la consultation médicale et du suivi de traitement nécessaire.

Christian Flèche est infirmier de formation. Suite à ses recherches, il propose un changement de paradigme. Plutôt que « méchante, il faut l’éliminer, il faut lutter », la maladie est considérée comme « un langage, une adaptation parfaite à un moment donné que le corps trouve par rapport à un événement ». Pour en comprendre le message, il faut revenir à la fonction de l’organe concerné : « chaque maladie va avoir un sens biologique, une utilité ». Affiner sa compréhension du symptôme passe ensuite par plusieurs étapes telles que celle de l’identification du besoin insatisfait (grâce aux émotions générées), de l’événement déclenchant, de la mémoire à laquelle il fait référence, de la croyance limitante… C’est le décodage biologique.

« Qui est cet enfant pour moi, pour mon histoire ? »

Christian Flèche détermine quatre niveaux de conscience : la conscience biologique (notre être biologique), la conscience historique (ce que nous avons vécu), la conscience liée aux apprentissages (être d’expériences et de croyances) et la conscience spirituelle (sans étiquettes ni temporalité).
À l’arrivée d’un enfant, deux êtres biologiques se rencontrent : c’est le temps de l’allaitement, du maternage. À cette rencontre s’ajoute celle des deux êtres historiques. « Il y a mon histoire à moi qui rencontre l’enfant […] quel rôle, quelle place il prend ? […] Je donne l’exemple d’une patiente qui est enceinte. Sa mère meurt pendant qu’elle est enceinte et l’enfant vient au monde. Elle donne le prénom de sa mère et cet enfant deviendra sa mère symbolique. Elle demande à cet enfant de l’aimer comme sa mère a pu l’aimer ; ou une autre femme, elle était très malheureuse dans son enfance et elle a très peu connu ses parents. Sa mère était toujours au travail, etc. J’ai un enfant qui est moi, c’est-à-dire que je vais lui donner ce que je n’ai pas eu, je vais lui éviter ce que j’ai subi. » S’interroger sur les identifications qui permettent à chaque enfant de grandir mais qui deviennent enfermantes à terme fait aussi partie des étapes de compréhension de la maladie. Par un travail de prise de conscience, « je peux dissocier l’enfant de cette réparation, de cette frustration, de ce rôle, de ce personnage, de cette identification à mon père, à ma mère ou à moi quand j’étais petit », par le dialogue ensuite, « un fait historique pour une écoute historique, pour son corps historique, sa réalité historique ».

« Le seul conflit qui soit, c’est le refus de la réalité »

Partant du principe que « le corps réagit de la même façon à quelque chose qui est réel (comme une nourriture avariée) et à quelque chose qui est symbolique mais qui produit la même émotion (cette conversation m’empoisonne) […] l’imaginaire produit les mêmes réactions physiologiques que la réalité, retenons simplement, que le monde extérieur n’a pas de sens. La croyance prend la place de la réalité. Je ne suis jamais en contact avec la réalité, je suis en contact avec le sens que je mets sur la réalité ». Par exemple, « C’est le 11 Septembre à New York, une femme est en face de Manhattan et il y a le crash des avions dans les tours, et puis elle hurle à la fenêtre. Il y a son fils qui arrive et qui dit “qu’est ce qui se passe, Maman?” et la mère dit “rien du tout, rien du tout, regarde la télé” et puis elle lui met un dessin animé de Walt-Disney “tout va bien, tout va bien”. Elle colle l’enfant dans le mensonge, elle le met dans […] le déni total. Et ça c’est une catastrophe, c’est un crime entre guillemets. Puisque ça, pour moi, ça va aller dans le corps ».

« L’éducation, c’est valoriser les émotions »

« Une attitude parentale qui peut être très préventive […] c’est d’éduquer les enfants en revalorisant l’expression de leur système de compensation », c’est-à-dire d’expression de leurs émotions : « les parents le font eux-mêmes, les expriment eux-mêmes et valorisent cela chez l’enfant » en toute authenticité sans « être romantiques, larmoyants ou autre chose ». « Qu’on ne soit pas dans une espèce de grand mensonge social qui est que “les parents ont tout réglé, tout va bien, etc.” : ils ont le droit de pleurer, de rire, de chanter… […] Une crise, un enterrement : on pleure un grand coup, c’est un acte symbolique, c’est un acte thérapeutique, c’est un acte familial fort. » D’où l’importance de laisser nos enfants aller au bout de leurs émotions. « On croit que laisser l’autre pleurer, ça n’en finit pas. Et c’est l’inverse : quand j’écoute l’autre pleurer, c’est beaucoup plus bref. Une fois que c’est dehors, ça n’est plus dedans ».

Quand l’enfant est malade

Après une consultation médicale, on peut éviter la récidive par le décodage biologique. « Connaître la fonction de l’organe va nous permettre de trouver l’événement à l’origine de ce trouble3 […] à quoi sert l’eczéma ? À quoi sert le surpoids ? ». Par exemple, « l’enfant devient sourd parce qu’on le dévalorise, on l’insulte donc il vaut mieux ne pas entendre que de perdre une image positive de soi-même ». Ensuite, une autre question peut être intéressante : « ce qui me dérange là, tout de suite, qu’est-ce que ça évite de pire ? ». Pour Christian Flèche, c’est clair : « tout problème apparent est une solution cachée4 ».

Entretien avec Christian Flèche en vidéo


Le Monde extérieur n’existe pas, Pour votre santé, changez de perception, Christian Flèche, Éditions Le Souffle d’Or (2018)
https://www.youtube.com/channel/UC3sBe7myrh1BoZj7Czuo6yg
3 Parmi les publications de Christian Flèche, celle-ci est très facile d’accès : Moi malade, mais pourquoi ? Le sens des maladies expliqué aux jeunes, Éditions Le Souffle d’Or (2010).
4 Christian Flèche, op. cit.

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