© Volana Lemaître
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De nos jours, il est fréquent que les pères assistent à la naissance de leurs enfants. Que l’accouchement ait lieu à l’hôpital ou à domicile, leur présence est quasi incontournable. C’est une situation relativement récente. Pendant longtemps, en effet, la naissance fut exclusivement l’affaire des femmes et la présence du père n’était pas envisagée, pas plus, et même moins encore, que sa participation active. Voyons comment les conditions de naissance ont influé sur la place du père et les conséquences qu’elle peut avoir sur le bon déroulement de la naissance.Comme tous les mammifères, les femmes se sont d’abord isolées pour mettre au monde leurs bébés, appliquant instinctivement la stratégie du retrait qui les faisait se placer loin de tout danger ou observateur potentiel. Puis la mère de la femme en travail, ou une autre figure maternelle, a pu être un précurseur de ce que serait un jour la sage-femme : une protectrice du lieu de naissance contre la présence éventuelle d’un homme ou d’un animal, l’un comme l’autre potentiellement dangereux. Pendant longtemps encore, la naissance est demeurée une affaire de femmes. La participation du père du bébé à l’accouchement est très récente au regard de l’histoire de l’humanité et on peut dire que c’est une conséquence directe de la généralisation des naissances à l’hôpital. Auparavant, les naissances avaient lieu au domicile des parents, assistées d’une sage-femme ou matrone, ou d’une autre figure maternelle, plus rarement d’un médecin (celui-ci étant généralement appelé en cas de problème). Le père, s’il était présent, était davantage employé à rendre service et veillait, en gardant ses distances, à ce que sa femme ne manque de rien (eau, chaleur, linge, etc.). Mais il pouvait tout aussi bien être occupé à travailler à l’extérieur ou… au café du coin en attendant la naissance. Michel Odent témoigne : « Vers 1950, dans le cas d’une naissance à domicile, le médecin – habituellement un généraliste – était appelé en dernier recours pour faire un forceps ou pour être le témoin d’une catastrophe. Le mari était au bistro, ou bien on l’occupait en lui donnant un travail, tel que passer des heures à faire bouillir de l’eau. À cette époque, même dans le cas d’une naissance à l’hôpital, l’environnement était encore éminemment féminin. La sage-femme tricoteuse était le personnage central de la maternité. […] Bien entendu, personne n’avait alors imaginé que le père du bébé pourrait être introduit dans une salle d’accouchement.1 »

Le père : balise de secours en cas de naissance à l’hôpital

Envisageons maintenant la naissance à l’hôpital comme la norme – et on peut dire que c’est le cas actuellement dans un grand nombre de pays2 –, autrement dit dans un lieu froid et impersonnel, peuplé d’inconnus. Il est assez facile de comprendre que, dans ces conditions, la présence du père, seule figure familière, soit parfois requise par la mère qui s’apprête à donner naissance. Cette demande, encore occasionnelle au début de la généralisation des naissances en milieu […]

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