© Jenny Balmefrézol
Dans les traditions mayas, la période postnatale fait l’objet de soins attentifs car elle est considérée comme particulièrement périlleuse tant pour la mère que pour l’enfant. La période des « relevailles » est la continuité de ce qui fut démarré dès avant la conception. Le corps physique et l’âme doivent rester en équilibre : la santé et la vie de la mère et de l’enfant en dépendent. La comadrona ou partera est une matrone traditionnelle qui a été formée par une autre, plus ancienne, qui lui a transmis les pratiques et traditions. Des rêves lui ont indiqué sa vocation et le Conseil des Sages l’a guidée pour demander la permission d’emprunter ce chemin aux Cœur du Ciel, Cœur de la Terre, Cœur du Vent et Cœur de l’Eau. Elle veille à réaliser des cérémonies de protection basées sur sa connaissance du Calendrier Lunaire Sacré. La protection de l’âme est d’une importance capitale pendant la grossesse, l’accouchement et  la période postnatale. Pour les Aztèques préhispaniques, les gloires dans les batailles n’étaient pas exclusivement masculines. Toute femme sur le point d’accoucher était vue comme un guerrier glorieux. La préparation de la jeune femme pour faire face à cette première grande bataille commençait aussitôt qu’elle avait conçu un bébé. Des textes anciens montrent que l’annonce de la grossesse était le motif d’une célébration, tant joyeuse que solennelle, devant les deux familles, au cours de laquelle la future mère recevait les indications pour favoriser son bien-être et celui de son enfant. Entre le septième et le huitième mois de grossesse, les deux familles se réunissaient à nouveau pour festoyer et discuter de la sage-femme qui serait présente à l’accouchement : une toltecatl, amantecatl, itlanuhuatil in totecuyo, c’est-à-dire une artiste, une artisane qui a reçu les pouvoirs des dieux, une experte dans la magie de la médecine. En revanche, chez les peuples mayas, la sage-femme est auprès de la femme dès qu’elle sait qu’elle est enceinte. Dans les deux grands groupes, Mayas et Aztèques, nous pouvons constater que les pratiques se ressemblent et les frictions ou sobadas (massages), les bains de vapeur, le tâtonnement de la matrice se font tout le long de la grossesse.

Une conception de l’équilibre du corps et de l’âme

La médecine maya repose sur la connaissance des continuums chaud/frais/froid, des maladies froides ou chaudes, de l’usage des plantes chaudes ou froides permettant de rétablir l’équilibre ainsi que de leur préparation minutieuse. Par exemple, les saignements au cours de la naissance sont considérés comme des incidents qui refroidissent le corps : la nouvelle accouchée est par conséquent froide et vulnérable pendant les dix premiers jours postnataux. Le rituel du Temazcal (bain de vapeur dans une hutte) assuré par la comadrona est précédé d’un bain au savon maya et de frictions sur tout le corps – sobadas – avec des macérats huileux ou teintures-mères. Ils stimulent la circulation sanguine et le renouvellement de la […]

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