© Clélia Lepelletier
S’il n’est pas toujours aisé d’aborder le sujet de la mort avec les enfants, on peut le faire par le biais de l’observation de la nature, dans laquelle le cycle de la vie et de la mort est bien présent. Ainsi on peut saisir l’occasion d’une balade en forêt pour observer comment les arbres perdent leurs feuilles à l’automne, comment celles-ci sèchent une fois tombées au sol, se mélangent à la terre pour l’enrichir et permettre aux arbres d’y puiser leur nourriture, pour que naissent quelques mois plus tard les bourgeons qui feront de nouvelles feuilles au printemps. On peut aussi évoquer avec les enfants le cycle de la vie en étudiant celle des animaux : parler de la chaîne alimentaire, de la régulation des espèces et des populations, dans laquelle vie et mort sont intimement liées. Pour rester dans l’univers de la forêt, on peut prendre l’exemple d’un animal carnivore, comme le renard, qui, en se nourrissant d’herbivores, comme le lapin, permet à ceux-ci de ne pas voir leur population augmenter trop rapidement. Et en expliquant que, si les lapins venaient à proliférer, ils mangeraient toute l’herbe et il n’y en aurait alors plus pour les autres herbivores. Ce n’est bien sûr qu’un exemple, que l’on pourrait décliner à l’infini. Le livre L’Île du loup1 aborde très bien cette problématique à travers une fable écologique qui démontre ce qui se passe lorsque l’équilibre de la nature est rompu. Cela permet en outre d’aborder l’aspect écologique de la mort : nous ne pourrions évidemment pas survivre sur Terre si notre mort ne permettait pas de laisser la place aux autres, la surpopulation aurait tué toute vie sur Terre, et ce depuis longtemps ! Cela peut néanmoins sembler encore trop théorique, voire abstrait, pour entrer dans le vif du sujet, surtout avec de jeunes enfants. Pourtant il est possible d’allier explications et observation. Cela permet, outre de rendre les choses plus concrètes et compréhensibles, de familiariser les enfants avec cet aspect souvent occulté de la vie : la fin de celle-ci. Et ce avant qu’ils y soient confrontés de manière plus directe, et parfois brutale, à l’occasion de la mort de leur animal de compagnie, par exemple, ou de celle d’un proche.

Observer, questionner, comprendre

Il n’est pas rare de croiser, au cours d’une balade, ou simplement en faisant le tour du jardin, un animal mort : oiseau, insecte, petit rongeur. Ce genre de rencontre suscite souvent des questions de la part des plus jeunes : qu’est-ce qu’il a ? Pourquoi il ne bouge pas ? Est-ce qu’il dort ? Ce peut être une bonne occasion d’expliquer, de manière simple et adaptée à l’âge de l’enfant, que l’animal en question est mort (en effet, il ne bouge plus, mais il ne dort pas, en fait il ne respire plus), peut-être d’imaginer avec l’enfant ce qui a pu lui arriver (s’est-il fait attaquer par un autre animal ? A-t-il été blessé […]

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