© Jenny Balmefrézol-Durand
Aujourd’hui on parle beaucoup de sexualité consciente, de respiration consciente, d’éducation consciente : le terme « conscient »/« consciente » est associé à un grand nombre de thématiques pour les distinguer de celles qui font nos vies sans que nous y pensions. Avoir conscience de, c’est nous redonner le pouvoir sur nos vies, sur nos choix. Cela nous force à prendre nos responsabilités pour nous-mêmes et pour nos enfants. « La conscience nous change notre façon de vivre et nous permet de devenir de plus en plus nous-même.1 », comme le dit justement Danièle Flaumenbaum. Dans cet article, allons explorer ensemble la question de la maternité consciente. J’ai eu la grande joie de rencontrer Danièle Flaumenbaum, gynécologue et acupunctrice, autrice de Femme désirée, femme désirante et de Passeuse d’histoire2. Dans ce premier entretien de plus d’une heure, nous avons échangé sur ce sujet qui lui tient particulièrement à cœur : la maternité consciente. La maternité est une étape de mutation dans la vie d’une femme. Qu’il y ait désir d’enfant ou non, interruption volontaire de grossesse, fausse couche ou enfant né, aucune femme ne peut ignorer cette étape qui s’impose, chez la plupart, dans sa vie à un moment donné.

Tomber enceinte

Danièle Flaumenbaum fait partie de la première génération de gynécologues à prescrire la contraception. Bien avant que l’avortement soit autorisé, elle militait déjà pour qu’il soit possible. Non pas qu’elle s’inscrive dans une démarche « anti-vie » comme pourraient la juger ceux qui manifestent contre l’IVG, mais bien parce que pour elle, le bien-être de l’enfant passe avant tout. Autant dans l’histoire, effectivement, les femmes « tombaient » enceintes, comme un fait accompli, sans l’avoir désiré, ni presque sans s’en rendre compte ; autant maintenant, qu’il s’agisse d’informations, de contraception ou d’avortement, les femmes sont en mesure de choisir de mettre un enfant au monde ou pas. En cas de grossesse surprise, évidemment « ces enfants peuvent être tout à fait acceptés et dans un deuxième temps accueillis et désirés avec bonheur ; il n’empêche que cette conception a eu lieu dans la rencontre de deux inconscients, celui des deux protagonistes et pas dans une relation de désir partagé de deux personnes conscientes. » « Dans les grossesses indésirées, c’est comme si le corps de la femme était directement connecté à la façon dont la mère et les femmes de la famille avaient fait leurs enfants. La femme “tombe” enceinte à l’âge où sa mère l’a été pour elle ou l’a été pour ses frères et sœurs, ou bien à l’âge d’une grand-mère ou arrière grand-mère morte en couches, ou s’est séparée du père de ses enfants. Bref, en tout état de cause, à la date anniversaire d’un fait marquant de sa vie de mère. Être enceinte exprime alors une répétition généalogique et l’interruption de grossesse va tenter de l’en dégager pour pouvoir naître à elle-même. 
Les grossesses indésirées ne sont jamais […]

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