© Jenny Balmefrézol-Durand

La kinésiologie est une forme de thérapie psycho-corporelle qui consiste à pratiquer des tests musculaires comme moyen de communication avec le corps. Notre corps enregistre tout depuis notre vie intra-utérine et porte même en lui des traces (parfois limitantes) de notre lignée transgénérationelle1. Grâce au test musculaire, le kinésiologue interroge les mémoires de notre corps dans le but d’identifier les facteurs qui contribuent aux blocages puis de donner l’information au corps de les lever. Charlotte Béal, kinésiologue spécialisée en périnatalité et dans le domaine de l’enfance, a accepté de partager avec nous les tenants et les aboutissants de son métier. En quoi cette méthode est-elle bénéfique pour les femmes enceintes, les bébés et les enfants ? Quelles sont les raisons qui poussent les patients à faire appel à elle ?

La kinésiologie agit sur beaucoup de maux du corps et de l’esprit. Elle regroupe un ensemble de techniques venant de différents domaines psycho-émotionnels, structurels, nutritionnels, énergétiques et neurologiques. Elle permet de maintenir ou de retrouver la santé en étant en meilleure forme physique et psychique. Cette méthode, inspirée par la médecine chinoise, vise à trouver la nature, le lieu et l’origine des blocages, des peurs et des stress. C’est en quelque sorte un décodeur du langage du corps. La kinésiologie cherche également à optimiser le capital « ressources personnelles » grâce à l’accompagnement du thérapeute.

Le test musculaire

Les premières observations en matière de réponses musculaires (muscle testing) remontent à 1912 aux États-Unis. Dans les années 1960, le Docteur Georges Goodheart, chiropracteur, développe sur les bases du test musculaire un nouveau concept appelé kinésiologie appliquée. Son collaborateur, le Docteur John Thie,  démocratise ce concept dans les années 1970 en créant le « Touch for health », ou « Santé par le Toucher », qui deviendra la base de tout l’édifice de la kinésiologie moderne. La kinésiologie ne se résume pas, loin s’en faut,  à l’utilisation du test musculaire, néanmoins il en est un des outils fondamentaux. Il est comme la boussole de l’explorateur. Il sert d’instrument de recherche, il permet le dialogue, identifie et indique les déséquilibres : émotionnels, musculaires, posturaux, hormonaux, énergétiques, etc. Ne se contentant pas de mettre en lumière les déséquilibres du corps, cet outil permet au kinésiologue de repérer ce qui amènera le corps à retrouver son équilibre. Le kinésiologue détermine les équilibrations prioritaires, les effectue, puis vérifie que le corps a bien enregistré, le tout via ce fameux test.

Histoire d’une passion naissante

Charlotte Béal est aide-soignante de formation. « J’ai travaillé auprès de différents publics comme aide-soignante durant plusieurs années et notamment dans des services à la pointe de la technique où le corps physique prime largement sur le reste. L’humain dans sa dimension émotionnelle n’est alors que trop peu pris en compte. Les émotions et les vécus des personnes passent au second plan et cela me dérangeait beaucoup », explique-t-elle. Après avoir eu recours à la kinésiologie pour elle-même, Charlotte réalise que cette approche correspond tout à fait à sa vision du soin et du développement personnel. « Je vivais à Montpellier à l’époque où j’ai découvert cette méthode. Les effets ont été pour moi si tangibles et rapides que j’ai eu envie de la pratiquer pour les autres. Cette technique m’a interpellée au regard de sa précision et de l’éthique qu’elle véhicule. Je me suis alors formée au Centre de formation Méditerranée2. Cette formation a été pour moi une véritable révélation. Je n’étais plus là pour pallier un manque, comme auprès des malades à l’hôpital, mais ma place était désormais dans l’accompagnement des personnes vers un mieux-être global, de manière holistique, prenant en compte l’individualité et la singularité de chaque personne. Plus la formation avançait, plus ma voie professionnelle se dessinait… Accompagner les femmes enceintes, les bébés et les jeunes enfants m’attirait profondément. Je me suis donc formée à la kinésiologie périnatale avec Elisabeth Wolf. Son travail était exactement ce que je recherchais et ce que je vivais auprès de mes patients en séance. » Dans le domaine de la parentalité, Charlotte Béal accompagne la procréation, le deuil périnatal, la grossesse et les enfants.

Kinésiologie périnatale3

La kinésiologie périnatale a pour objectif d’aider chacun de nous, sans limite d’âge, à sortir de ses blocages prénataux pour s’ouvrir à de nouvelles options dans le but d’exprimer pleinement, dans le présent, son aptitude à vivre. Retrouver le moment d’un stress in-utero, le (re)connaître, permet d’aborder sa vie autrement. La kinésiologie périnatale fut créée par Annick Boittiaux, sage-femme et kinésiologue. Elisabeth Wolf, également sage-femme et kinésiologue (formée par Annick Boittiaux), est la seule à enseigner la kinésiologie périnatale à ce jour et depuis 2005.

Devenir mère

La maternité fait bien souvent remonter de nombreuses émotions : notre vie intra-utérine, notre naissance, les histoires de nos mères ainsi que des générations d’avant sont présentes en nous et se révèlent durant cette période. Le but de cet accompagnement lors de la grossesse est de permettre de vivre ce moment unique à notre manière, libérée des mémoires et croyances limitantes, afin de reprendre les pleins pouvoirs sur notre vie, sur notre grossesse et sur notre accouchement.

Les maux de l’enfance

Bien qu’elle accompagne également les adultes, Charlotte reçoit beaucoup d’enfants en consultation. Les raisons les plus fréquentes pour lesquelles les parents amènent leurs enfants sont : les difficultés scolaires, les problématiques liées au sommeil, à l’énurésie, à l’hyperactivité et aussi, et surtout, le stress lié aux attentes de l’école et au rythme de vie très soutenu imposé aux enfants et aux parents… « C’est comme cela que les enfants ou les bébés manifestent le plus souvent un mal-être, un blocage ou un besoin nié. La présence des parents est précieuse car ils apportent souvent des informations complémentaires importantes sur leur environnement familial et/ou sur la lignée transgénérationnelle. En tant que praticiens, nous agissons pour régler une problématique qui est l’expression de quelque chose de plus profond et c’est ce que cherche le test musculaire. » Ce qui est dit à l’oral n’a souvent plus besoin de s’exprimer dans le corps. Il existe différentes méthodes qui s’appuient sur ce postulat et la kinésiologie en fait partie.

La visualisation : un des piliers de la méthode

La visualisation est un outil très utilisé en kinésiologie. D’après Charlotte Béal, cette pratique est particulièrement pertinente auprès des enfants. « L’idée est d’inviter les enfants à repérer ce qu’ils souhaiteraient améliorer. Ensuite, je les guide pour qu’ils se reconnectent à leurs forces, à leurs compétences, comme s’ils étaient des super-héros, des pirates, des licornes ! Les neurosciences ont montré que le cerveau ne faisait pas la différence entre ce qu’il vivait ou imaginait, je me sers donc de cet exercice pour montrer qu’autre chose est possible. Par exemple : un enfant de 7 ans vient me voir parce qu’il a des difficultés pour se concentrer à l’école. On dit de lui qu’il est rêveur, qu’il est sur un nuage. Je ne cherche pas à le changer. Je vais plutôt lui proposer de créer une visualisation. L’enfant trouve lui-même ce dont il a besoin. Il imagine alors une échelle sur son nuage, qui lui permet de descendre dans la classe directement sur son bureau. Cette échelle est accessible dans les deux sens, il peut donc revenir sur son nuage quand il en a besoin. » La visualisation est valable pour beaucoup de situations, d’événements. Elle semble très adaptée, notamment, en cas d’accouchement traumatique. « L’idée est d’apporter de la paix sur les moments difficiles, inconfortables. J’aime dire : mettre un voile blanc sur un événement. », confie Charlotte.

La posture du kinésiologue

Le rôle du kinésiologue est un rôle de guide, il facilite le chemin. L’idée principale est que le consultant termine la séance avec ses propres solutions. « Je suis juste une facilitatrice, rien de plus, explique Charlotte. L’enfant est au cœur de la séance, il est le héros de son histoire, le héros de sa vie ! Je ne cherche pas à le changer mais juste à améliorer sa vie de tous les jours, afin que ce soit plus confortable pour lui. » Lors d’une séance avec un enfant ou avec un bébé, Charlotte fait en sorte de ne pas être intrusive : « Ce n’est pas à lui de s’adapter, c’est à moi de le faire. Il n’a pas choisi d’être là, ce sont ses parents qui l’ont amené. D’une manière générale, je fais le test musculaire directement sur l’enfant. J’utilise des jeux, des histoires pour que le moment soit agréable. Si c’est trop compliqué pour lui, qu’il refuse d’être touché, qu’il n’accepte pas le test sur son corps, alors je fais un transfert sur le parent. Mais c’est vraiment en dernier recours car le test musculaire ancre une nouvelle mémoire, une nouvelle dynamique dans le corps de l’enfant et c’est important que cela passe par lui. Je demande aux parents ou au moins à l’un des parents d’être présents car ils ont besoin d’entendre et de voir ce qui se dit, ce qui se passe. Ils ont besoin de comprendre l’expression de l’enfant et de l’accepter en tant que telle. »

Quand faire appel à la kinésiologie ?

Elle peut intervenir à n’importe quel moment de la vie et à plusieurs reprises, sans limite de fréquence ou de quantité. Charlotte Béal évoque le fait qu’il est dommage d’attendre qu’un problème se manifeste pour profiter des bienfaits de cette douce méthode. « Plus tôt des séances sont proposées, mieux c’est pour libérer des émotions qui ont pu être cristallisées, mémorisées dans le corps durant notre vie. Un jour, une dame de 78 ans, souffrant d’une arthrose aiguë, est venue me voir. Ses doigts et mains se recroquevillaient, lui causant des douleurs importantes. En récession d’âge4, nous arrivons à 7 mois de vie intra-utérine. En effet, la mère de cette dame avait fait un déni de grossesse, elle a découvert qu’elle était enceinte au septième mois de grossesse. À cet âge, dans le ventre de sa mère, la patiente se faisait toute petite. Nous avons alors travaillé sur cette période. » Il est sans doute dommage que cette personne ait attendu l’âge de 78 ans et des troubles physiques pour lever le voile sur cet événement traumatisant. Nous avons tous des blocages et même s’ils ne semblent pas s’exprimer dans le présent, ils n’en sont pas moins réels.

Témoignage

Sarah a découvert la kinésiologie avec sa fille alors âgée de 15 mois. « C’est une enfant d’une extrême sensibilité, communicative, avec un très grand besoin de sécurité. Beaucoup d’émotions au quotidien, parfois difficiles à gérer pour elle et donc pour moi. Ce trop-plein se manifestait à l’époque par une constipation chronique, entre autres. Nous avons consulté un magnétiseur, ainsi que différents ostéopathes compétents, mais ces séances tournaient systématiquement à la crise. Nour ne supportait pas d’être manipulée par quelqu’un d’autre que son père ou moi… Puis la kinésiologie m’a paru être une solution faite pour elle : bienveillance, place à la parole, technique non-intrusive, juste un toucher de surface sur une partie du corps qu’elle accepte de confier. Aussi, sa grande sensibilité lui a permis de recevoir pleinement le “soin” ou le message de la kinésiologie. Bien que l’acte en soi n’ait rien de spectaculaire, les effets ont été immédiats et m’ont bluffée. Plus de constipation ainsi qu’un apaisement en général. Merci la kinésio ! »


1 Le transgénérationnel est ce qui concerne plusieurs générations.
2 www.formation-mediterranee.fr
3 http://www.kinesioperinatale.com  
4 La récession d’âge est effectuée grâce au test musculaire. Le kinésiologue recherche un âge qui peut mettre en lumière une émotion et ou événement qui s’est inscrit en nous.

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