© Mélanie Mélot
Quand je co-allaitais mes deux premiers enfants, pendant toute la première année de ma fille cadette, j’attirais presque systématiquement de l’étonnement, des regards amusés voire carrément des rires de surprise. Peut-être qu’il y a eu des personnes choquées mais je ne les ai jamais remarquées… Mon mari et moi, surtout pour notre aîné, nous sommes beaucoup amusés à « collectionner » tous les endroits insolites où notre enfant avait tété. Beaucoup de parents font cela je crois… J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à allaiter. J’ai eu la chance d’avoir été moi-même allaitée longtemps et d’avoir toujours considéré comme une évidence cet aspect-là de la maternité. Le contact corps à corps avec le bébé, puis avec le bambin voire le petit enfant ensuite, sentir son odeur, la douceur de ses cheveux, pouvoir se regarder dans les yeux – un petit œil confiant, serein, souvent coquin, avec un sourire qui s’étire tout en tétant, quel bonheur ! Certains soirs, lorsque j’étais un peu fatiguée de longues tétées et que j’étais impatiente d’aller faire autre chose, je me rappelais d’engranger dans mon cœur ces beaux souvenirs. On le sait maintenant, allaiter libère un cocktail d’hormones bénéfiques pour la maman, le bébé, et probablement pour l’entourage, conjoint, frères et sœurs. Quoi de plus valorisant quand on devient ou redevient mère, de se sentir capable de nourrir son enfant avec ce que l’on sait être le meilleur aliment physique, et spirituel, qui soit ! J’ai toujours senti, en devenant mère, que je me reconnectais puissamment, que je le veuille ou non, à mon instinct. Pour moi, cela s’est avéré extrêmement joyeux. Mes deuxième et troisième accouchements naturels et à domicile, l’allaitement, le portage, le cododo, tout cela nourrissait mon corps autant qu’un aspect spirituel féminin en moi.

Des hauts et des bas

Cependant, j’entends très bien que cela ne soit pas le cas pour toutes les femmes, qu’il y ait des hauts et des bas – et il y en a eu pour moi aussi ! Allaiter, comme toutes les pratiques de parentage, est traversé par le social, et est le résultat de notre propre histoire d’enfant et d’humain. Ces pratiques ne viennent pas réveiller que de la joie, mais pour beaucoup, de vieilles blessures, des manques, des frustrations, des regrets. Et ne parlons pas de ce que cela réveille pour l’entourage plus ou moins proche, qui se montre par conséquent plus ou moins ­soutenant, pour ne pas dire parfois problématique voire contre-productif. C’est pourquoi il a été très précieux et joyeux pour moi d’entendre plusieurs de mes amies ou connaissances me remercier d’avoir été une inspiration pour un allaitement long, et de leur avoir donné le courage de tenir bon malgré la pression de personnes « bien intentionnées » autour d’elles. L’entourage veut parfois « aider » et s’inquiète de trouver la mère trop fatiguée, trop sollicitée, pense parfois que l’enfant devient « capricieux » à cause de […]

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