© Groovy Banana Photography

Certaines personnes ont toujours le sourire, rient facilement, savent se réjouir de peu ; d’autres, au contraire, semblent porter tout le poids du monde sur leurs épaules, se plaignent sans cesse, affichant un air renfrogné en toutes circonstances. Si la joie n’est pas toujours au rendez-vous, que ce soit en raison d’un contexte peu favorable, de difficultés personnelles, d’une baisse de forme momentanée, ou que sais-je, il est pourtant possible de faire le choix de la joie. Choisir la joie comme crédo, c’est l’attraper au vol à chaque instant, profiter de la moindre occasion pour se réjouir, la partager sans compter et sans rien attendre de particulier. Pour cela, rappelons-nous qu’il ne tient qu’à nous de la mettre au menu le plus souvent possible !

Et si nous commencions par nous réjouir, de la manière la plus simple qui soit, en appréciant pleinement les petits plaisirs et les petits bonheurs qui ponctuent nos journées ? Voilà qui ne manquera pas de nous mettre en joie, c’est certain ! Et pour cela, nul besoin d’attendre un événement exceptionnel pour célébrer la joie de vivre. Se réveiller le matin près de ses enfants, avoir comme première image en ouvrant les yeux leur sourire épanoui et plonger dans leur regard pétillant, savourer leurs câlins et profiter de ces précieux instants en restant au lit quelques minutes de plus avant d’attaquer la journée ne requiert aucun effort. Il suffit de se connecter pleinement à l’instant présent et d’absorber son énergie bénéfique. Même si cela arrive chaque jour, même si, certains matins, nous préférerions pouvoir dormir encore un peu avant d’être assaillis par nos charmants bambins, il n’empêche qu’il n’y a rien de plus délicieux (et de plus joyeux !) que ces tendres réveils pleins de vie.

Changer de regard pour faire naître la joie

Parce que, parfois, mon quotidien me pèse, qu’il m’arrive d’avoir envie, au moins momentanément, de tout envoyer balader pour n’avoir plus à me soucier de quoi que ce soit, j’ai pris pour habitude de me recentrer sur ce qui m’apporte de la joie. Et, chaque fois que je me prête à cet exercice, je me rends compte que les motifs de me réjouir de ma vie sont nombreux. Et, bien souvent, ce sont les mêmes que ceux qui m’apparaissent parfois si lourds à porter ! Car tout est finalement question de point de vue. Il suffit généralement de changer d’angle pour avoir une autre perception des choses.

Je suis agacée par les nombreuses sollicitations de mes filles ? Je fonds pourtant sans aucune résistance face à leurs sourires. Leur joie de vivre est si communicative qu’il me suffit de m’en imprégner quelques instants pour me sentir immédiatement gagnée par leur enthousiasme. Je réalise alors que j’ai tout à gagner à mettre de côté ce travail que je me suis juré de finir aujourd’hui pour aller profiter joyeusement de l’instant présent avec elles. Il sera toujours temps de finir d’écrire cet article ce soir lorsqu’elles dormiront ! En attendant, je choisis d’éprouver la joie de faire un concours de galipettes avec elles : fous rires assurés (surtout quand c’est moi qui fais les galipettes…) !

Et puis, soyons honnêtes, je sais bien que tout cela n’aura qu’un temps car mes filles vont grandir, et ce dont il m’arrive de me plaindre aujourd’hui (leurs cris stridents, leur babillement incessant, leurs demandes innombrables) m’apparaîtra alors comme un doux souvenir. Peut-être en éprouverai-je même une certaine nostalgie, comme il m’arrive d’en ressentir aujourd’hui lorsque je me souviens de mon aîné, désormais adolescent, à l’âge où il n’était encore qu’un bébé. Et pourtant, avec lui aussi, je passe toujours de joyeux moments !

Attraper au vol les petits plaisirs : une façon simple de se réjouir

Faire de la joie son crédo, c’est se réveiller tous les matins en prenant le temps de se réjouir de toutes ces petites choses qui rendent la vie belle. Je vous l’accorde, il y a certains matins qui semblent de prime abord moins joyeux que d’autres, et pourtant. Même si cela demande parfois un effort de les trouver, elles existent, ces petites étincelles qui nous mettent instantanément de bonne humeur. Il faut savoir prendre le temps : de regarder, d’écouter, de sentir ; de se mettre à l’écoute et observer ; de se laisser gagner par la joie intrinsèque à toute chose. Et, comme souvent, plus on pratique cet « inventaire de la joie », plus celui-ci nous vient spontanément. Tentez l’expérience, vous verrez !

Voici une liste (non-exhaustive) de motifs de réjouissance pour commencer sa journée : entendre les oiseaux chanter ; humer l’air matinal en ouvrant grand les fenêtres ; prendre quelques instants pour contempler le ciel ; sentir la chaleur des premiers rayons du soleil sur sa peau (ou écouter le clapotis de la pluie contre la vitre) ; savourer les câlins de ses proches ; sentir l’effet revigorant et revitalisant de l’eau sous la douche ; se délecter de son petit déjeuner ; échanger quelques mots avec la voisine en sortant ; se laisser caresser/chahuter/pousser par le vent pendant un trajet effectué à pied/à vélo ; sourire aux passants ; jouer (à sauter dans les flaques, éviter les crottes de chien sur le trottoir, aux super-héros prêts à sauver l’univers…) comme si on avait toujours 4 ans.

© Objectifs Petits

Bien sûr, on peut réitérer l’expérience de l’inventaire de la joie tout au long de la journée, à différents moments, au cours de nos activités, pendant un temps d’introspection, seul·e ou à plusieurs. Les joies sont multiples et variées au cours d’une journée : il y a celle de se retrouver après un temps de séparation (travail, école ou autre), celle d’avoir réussi quelque chose qui nous tenait à cœur, celle de partager un bon repas, celle d’avoir des nouvelles d’un·e ami·e que l’on n’avait pas vu·e depuis longtemps…

Et puis, comme on l’a commencée, on peut terminer sa journée en convoquant la joie au moment de se coucher : celle d’être présent·e auprès de ses enfants pendant qu’ils s’endorment ; de passer un moment en amoureux une fois les enfants endormis ; d’admirer le coucher du soleil ou d’observer les étoiles ; d’offrir un massage à son/sa chéri·e ; de partager un câlin ; de se remémorer, juste avant de s’endormir, tous les bons moments de la journée. Se réjouir, tout simplement, d’être en vie et d’avoir vécu de belles choses aujourd’hui encore.

De la joie, même dans les moments de tristesse

Savoir que la joie sera chaque jour au rendez-­vous nous permet aussi d’accueillir les moments difficiles de manière plus équilibrée. La colère, la peur ou la tristesse sont parfois nécessaires. Il faut aussi prendre le temps de les écouter, de comprendre ce qu’elles ont à nous dire, pour les laisser passer et leur permettre de repartir. Même lors d’un événement douloureux, il y a toujours de la place pour la joie.

Je me souviens par exemple de l’enterrement de mon grand-père. J’avais, et nous avions tous, énormément de chagrin. Il y a eu des larmes, beaucoup. Et pourtant, quelques heures après, nous avons fait un grand repas tous ensemble, en famille, et je me souviens de la joie qui a marqué ce moment. Nous nous sommes réjouis d’avoir connu cet homme et de l’avoir eu, qui comme père, qui comme grand-père, qui comme mari, qui comme beau-père. Nous avons évoqué nos souvenirs, nous avons souri, nous avons ri. Puis nous avons partagé un plat que mon grand-père affectionnait particulièrement et ouvert une bouteille de son vin préféré. C’était une douce soirée de printemps, nous étions dehors, une grande tablée sur laquelle tombait l’or du soir et autour de laquelle nous célébrions la joie de vivre : voilà l’image qui me vient lorsque je convoque le souvenir de cette journée.

Alors oui, nous pouvons aussi mettre la joie dans nos cœurs et l’exprimer lors d’événements douloureux. Cela fait du bien et cela peut nous aider à surmonter notre chagrin. Ou, en tout cas, à le laisser s’exprimer sans en omettre aucune facette.

Savourer la joie d’être ensemble

La joie, comme toutes les émotions, est communicative. Et, pour peu qu’on la laisse s’exprimer, elle donne lieu à de joyeux échanges. Dans un groupe, elle se répand. Il n’y a qu’à observer une scène de repas entre amis, par exemple, pour s’en apercevoir. Ils et elles sont là, contents de se retrouver, impatients de se raconter les dernières nouvelles, d’échanger des anecdotes. La joie se lit dans les yeux qui pétillent, les regards qui brillent, les sourires qui illuminent les visages, les rires qui fusent, les étreintes chaleureuses. Peut-être encore plus d’ailleurs depuis que nous sommes soumis aux « gestes barrières », aux « restrictions sociales », à toutes ces contraintes qui, insidieusement depuis des mois, nous coupent de la joie d’être ensemble.

Je me souviens encore, lorsqu’à la fin du premier confinement au printemps 2020, nous sommes allés, en famille, retrouver mes parents que nous n’avions pas vus depuis deux mois (alors que nous les voyons habituellement chaque semaine ou presque). La joie était palpable, que dis-je, elle était partout, dans chaque cellule de chacun d’entre nous, dans le bleu du ciel, dans le brillant du soleil de mai, dans les couleurs éclatantes des fleurs du jardin, sur la table dressée comme pour un repas de fête : un vrai feu d’artifice ! Grands-parents et petits-enfants s’étreignant avec émotion, entre rire et larmes. Ces images sont restées gravées dans ma mémoire.

Les relations intergénérationnelles ont toujours été vecteur de joie dans notre famille, mais je crois que cette période pendant laquelle nous avons été empêchés de nous voir, de nous embrasser, de nous étreindre a souligné l’importance de cet aspect dans nos relations. Avant cela, nous étions toujours heureux de nous voir, de passer un moment ensemble ; depuis, j’ai le sentiment que nous en profitons chaque fois comme si ce pouvait être la dernière, comme si nous n’avions pas l’assurance de nous revoir.

Sans doute ce sentiment est-il exacerbé par le fait que mes parents vieillissent, que je prends de plus en plus conscience que nous approchons du jour où ils disparaîtront, en tout cas où nous ne pourrons plus les prendre dans nos bras comme nous le faisons à présent.

Alors je savoure d’autant plus ces moments. Je m’enivre de la joie que mes parents expriment lorsqu’ils nous voient arriver et de celle qu’exultent mes enfants en se précipitant dans leurs bras. J’en fais des réserves pour les jours plus sombres. Et si je peux parfois me sentir saturée de certaines émotions (comme la tristesse ou la colère), ce n’est pas le cas avec la joie. Je n’en ai jamais assez !

Et vous, comment faites-vous entrer la joie dans votre vie ?

Maman de trois enfants, j'ai vu mes convictions quant à la nécessité de prendre soin de soi, des siens et de son environnement renforcées par la maternité. Déjà utilisatrice de produits naturels et privilégiant une alimentation la plus saine possible élaborée à partir de produits bio et locaux, j'ai tout naturellement poursuivi dans cette voie en allaitant mes enfants et découvert par la même occasion que je pratiquais le maternage proximal, étant aussi une adepte du cododo et du portage intensif en écharpe. Une fois plongée dans le bain, à l'écoute des besoins de mes tout-petits, je me suis passionnée pour la bienveillance et la non-violence rapportées à l'éducation. Et cela n'a plus cessé depuis ! Quand j’ai découvert Grandir Autrement, peu après la naissance de mon premier enfant, je me suis reconnue dans bien des témoignages, je me suis sentie concernée par les thèmes abordés et j’ai aimé d'emblée la façon dont les sujets étaient traités. Enfin un magazine qui parle de ce que je vis et ressens au quotidien, me suis-je dit ! C’est donc tout naturellement que j’ai eu envie de participer à l’élaboration de ce magazine en y adjoignant ma passion pour l'écriture afin de contribuer à la diffusion de sa philosophie qui m'a si bien éclairée sur mon chemin de maman.

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