© Camille Masset Stiegler
On parle parfois de couvade pour évoquer les symptômes, tels la prise de poids, les envies ou les sautes d'humeur, qui peuvent toucher les futurs pères pendant la grossesse de leur compagne. Si elle peut, à juste titre, être considérée comme une manière d'affirmer leur paternité et d'exprimer leurs craintes face au grand bond dans l'inconnu que représente la venue au monde d'un enfant, il est intéressant de relever également que des modifications hormonales interviennent réellement chez les hommes au cours de cette période et que celles-ci ont des incidences sur leur comportement. Nous savions déjà que des modifications hormonales s'opéraient chez les hommes après la naissance de leur enfant1. De récents travaux tendent à démontrer que ces changements pourraient même avoir lieu bien avant, soit dès le début de la grossesse. Une étude2 réalisée par des chercheurs de l'université du Michigan, aux États-Unis, s'est en effet attachée à montrer que les bouleversements hormonaux qui surviennent pendant la grossesse ne touchent pas seulement les femmes, mais aussi les hommes. Pour cela, les chercheurs ont suivi vingt-neuf couples qui attendaient leur premier enfant et mesuré leur niveau d'hormones à plusieurs reprises au cours de la grossesse, ce qui leur a permis de découvrir que le taux d'œstradiol et de testostérone des futurs pères chutait de manière significative durant cette période. Les scientifiques attribuent cette baisse au fait que ces hommes s'apprêtent à devenir pères. En effet, en sécrétant moins de testostérone, ceux-ci auraient un comportement moins agressif et plus attentionné. La chute du taux d'œstradiol, quant à elle, serait imputable à la nécessité, pour les futurs papas, de se préparer à assumer leurs nouvelles responsabilités. Ce que les chercheurs ayant réalisé cette étude ne savent pas encore déterminer, c'est si ces bouleversements hormonaux sont une conséquence directe de la paternité chez les hommes ou s'ils sont plutôt la preuve d'un attachement particulièrement fort (et rendu plus fort encore par la conception d'un enfant) au sein du couple. L'une des hypothèses avancées, qui est celle de corrélations endocriniennes entre le futur père et la future mère, pourrait être une piste. Souhaitons que d'autres études permettent d'affiner ces observations et de fournir davantage d'explications sur ce phénomène.

Activité sexuelle et libido

La chute du taux de testostérone pourrait aussi s'expliquer par le fait que l'activité sexuelle connaît souvent une baisse d'intensité au cours de la grossesse. Au premier trimestre notamment, les futures mamans, qui peuvent se sentir particulièrement fatiguées et souffrir de nausées, ne sont pas forcément dans les meilleures dispositions. Les futurs pères s'adaptent, mettant eux aussi leur libido en veille, quand ils n'éprouvent pas eux-mêmes une baisse de leur désir face aux bouleversements qu'ils perçoivent chez leur compagne. Et puis eux aussi ont de nouvelles préoccupations et, comme les futures mamans, peuvent être davantage tournés vers l'enfant à venir que vers leur couple. Plus tard, ce peut être la présence, devenue palpable, du bébé, qui dérange les futurs […]

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