© Saul Cerda Palacios
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Si aujourd’hui il ne fait aucun doute que le déroulement de la grossesse a un impact sur l’enfant à naître, il n’est pas encore complètement admis que le moment de la naissance puisse aussi avoir des conséquences multiples tout au long de la vie de l’enfant né. Nous nous intéresserons ici particulièrement à la peur de la douleur de l’enfantement chez la mère en ayant conscience de l’effet de cette crainte sur l’enfant à naître. Après avoir réfléchi à ce qui influence cette peur ainsi qu’au sens que peut avoir la douleur au moment de l’accouchement, nous vous proposerons quelques techniques d’accompagnement de cette douleur, pour un accouchement sans peurs.L’amnésie de notre propre vie in utero et de notre naissance nous amène à fantasmer ces deux moments, fantasmes très imprégnés de notre culture. En Occident, on verra l’idéal, l’Éden dans l’utérus où nous étions comblés, et l’Enfer dans la naissance et la détresse qu’elle engendre. L’imagerie mythologique a toute son importance. Ainsi, enceinte, le moment de la naissance sera particulièrement marqué par nos représentations de l’événement et la peur en fera son nid.À notre culture, au contexte religieux, à la société elle-même dans laquelle nous vivons, s’ajoute « l’impact biographique de l’existence pré et périnatale1 » de la parturiente. La relation à sa propre mère a un rôle des plus importants dans la vision, l’appréhension de la grossesse et de la naissance. Comment être mère, se sentir capable de l’être quand on ne se sent encore que la fille de sa mère ? Comment s’autoriser à donner naissance et donc devenir mère si notre entourage et nous-mêmes (bien inconsciemment) nous en empêchons ? À la peur de la douleur physique (avoir mal) s’associe donc une peur de la douleur plus émotionnelle (être mal) qui démultiplie la première tant la naissance est un séisme dans notre corps comme dans notre vie entière. Est-ce à dire que, si la naissance arrive à un moment de notre vie où nous avons effectué un travail de développement personnel qui nous a permis de relativiser nos représentations et de nous détacher de nos entraves biographiques, la douleur ne sera pas présente lors de l’accouchement ? Non, en aucun cas : cette douleur a un sens. Elle est là pour nous guider, chacune personnellement, adaptée à nos compétences et à nos limites.

Le sens de la douleur de l’enfantement

Maïtié Trelaün, sage-femme et auteure2, décrit ainsi les différentes étapes de la naissance : la première est celle de l’ouverture du col, la seconde est celle du bassin. Et avant la troisième porte qui est celle du périnée, il y a la peur, appelée aussi « phase de désespérance ». Cette phase correspond au moment où le bébé arrive sur le périnée. Ce ne sont plus les mêmes hormones qui entrent en jeu (la noradrénaline prend le pas sur les endorphines) et la mère perd ses repères. Elle a […]

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