© Sophie Elusse
Même si les inégalités tendent à se réduire1, les femmes prennent encore en charge massivement les tâches ménagères au sein du foyer2 ; le temps consacré à la cuisine n'y fait pas exception puisque les femmes y passent en moyenne deux fois plus de temps que les hommes3. Impliquer nos enfants dans cette activité quotidienne que représente la préparation des repas, outre tous les avantages déjà cités dans ce dossier, pourrait permettre, à terme, d'inverser la tendance ; ainsi, nous pourrions imaginer que nos garçons, devenus adultes, passeraient autant de temps à la préparation des repas (ainsi qu'aux autres tâches ménagères) que leurs compagnes. En tant que parents, c'est de notre responsabilité de leur transmettre des valeurs telles que celles-ci et c'est aussi, bien sûr, en leur montrant l'exemple que nous avons les meilleures chances d'y parvenir. Alors, papas, mettez-vous aux fourneaux, et, parents, faites participer vos enfants, garçons comme filles, à la cuisine !Lorsque j'étais enfant, je me souviens que c'était souvent ma maman qui préparait les repas. Elle était mère au foyer, tandis que mon père s'absentait de la maison plusieurs heures quotidiennement pour travailler. Cela s'est donc fait plus ou moins naturellement de cette façon, j'imagine. En revanche, c'est mon père qui préparait les petits déjeuners, faisait le pain, et c'est aussi lui qui cuisinait le week-end. Aujourd'hui, alors qu'ils sont devenus grands-parents depuis longtemps et que mon père a cessé, depuis presqu'aussi longtemps, de travailler, ils cuisinent autant l'un que l'autre, parfois ensemble, parfois à tour de rôle. Dans ma vie d'adulte, j'ai vécu plusieurs années en couple avec un homme qui ne cuisinait pas et me laissait l'entière responsabilité de cet aspect de notre quotidien. Je me souviens avoir pesté contre lui lorsque parfois je rentrais tard du travail et qu'il n'avait même pas commencé à préparer un semblant de repas. J'ai néanmoins accepté, d'une certaine façon, cette situation qui pourtant m'incommodait, et ai continué à prendre en charge la préparation de presque tous nos repas. Au bout de quelques années de vie commune, nous avons eu un enfant, un garçon. L'arrivée de celui-ci n'a pas modifié la répartition des tâches entre nous. Avec le recul, je reconnais avoir ma part de responsabilité dans cet état de fait puisque, à part en de rares occasions où, vraiment, j'étais à bout et le lui faisais savoir, je n'ai jamais exprimé clairement le souhait que nous fassions autrement.

Apprenti cuisinier

Quoiqu'il en soit, mon fils m'a très vite accompagnée dans cette activité, comme dans toutes les autres du reste, puisque j'ai plongé dans le bain du maternage avec lui et l'ai donc beaucoup porté, en écharpe ou en porte-bébé, pendant que je cuisinais, étendais le linge, passais l'aspirateur, écrivais mes premiers articles, etc. Dès qu'il a su se tenir assis et attraper des objets, c'est tout naturellement qu'il est passé à l'action, mettant littéralement les mains à la pâte lorsque je préparais une […]

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