© Sophie Elusse
Choisir la bienveillance pour guide implique souvent d'emprunter un chemin peu facile d'accès, qui ne représente en tout cas pas la voie la plus fréquentée dans une société largement individualiste et productiviste. Cela peut s'avérer d'autant plus difficile que ce modèle éducatif, à l'écoute des besoins de l'enfant, est parfois bien éloigné de celui choisi par nos parents. D'où la nécessité, comme nous l'avons vu tout au long de ce dossier, de comprendre nos blessures émotionnelles, d'apprivoiser sa culpabilité, de bien s'entourer et de cultiver la confiance – en soi, en nos enfants aussi. Néanmoins le chemin n'est pas toujours si ardu. Des parents témoignent de l'éducation bienveillante qu'ils ont reçue et qu'ils s'appliquent à transmettre à leurs enfants. Des enfants qui, à leur tour, pourront se faire les passeurs de cet héritage. Une promesse d'avenir pleine d'espoir pour les générations futures !

Malgré les injonctions (nombreuses) que nous recevons en tant que parents à « couper le cordon » au plus vite, à « sociabiliser » nos enfants en les mettant dès l'âge de 3 mois à la crèche, à ne pas « céder au moindre "caprice" » de ceux-ci et à encourager leur « autonomie » dans tous les domaines, ce au mépris de leurs capacités de développement et de la construction de leur équilibre, de plus en plus de parents expriment leur désaccord quant à cette vision autoritariste et distale de l'éducation, dans laquelle l'adulte impose ses choix et demande à l'enfant de s'y plier, en somme de se mettre à l'écoute de ses besoins à lui, et non l'inverse. Comme tous les parents désireux d'emprunter ce chemin, je me suis interrogée sur mes choix, documentée à travers de nombreuses lectures, j'ai échangé avec d'autres parents, comme moi en chemin. Si tout cela m'a effectivement aidée à maintenir le cap que je m'étais fixé, j'ai aussi puisé ma force dans ce que j'ai moi-même expérimenté lorsque j'étais enfant et dans ce que mes parents m'ont transmis. Lorsque ceux-ci sont devenus parents, les connaissances sur le développement de l'enfant n'étaient pas celles dont nous disposons aujourd'hui. Pour autant, ils ont fait des choix proches de ceux que font de nos jours les parents dits maternants : allaitement, sommeil partagé, présence et implication du père dans l'éducation et les soins donnés aux enfants, absence de violence physique et verbale, punitions et récompenses inexistantes, considération pour le libre arbitre de l'enfant et prise en compte de son avis et de ses choix. Lorsque ma mère (qui vient d'avoir 81 ans) lit Grandir Autrement, elle s'émerveille de ce que l'on peut y trouver comme informations pertinentes (sur le développement de l'enfant, sur les relations parents-enfants, etc.), m'explique qu'elle aurait beaucoup aimé avoir accès à ce type d'informations lorsqu'elle était elle-même jeune maman (notamment pour tout ce qui touche à la naissance et à l'allaitement) et en arrive toujours à la conclusion que, lorsqu'elle avait mon âge et était jeune […]

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