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Ce premier regard du nouveau-né, la première tétée, le premier contact peau à peau représentent une première forme de communication. Quoi dire ensuite ? Faut-il dire au bébé qui nous sommes, nous ses parents, quel rôle nous jouons dans sa vie ? Faut-il lui dire qui il est ? Le sait-il déjà ? Nous avons envie de lui parler et en même temps nous pensons que nos paroles seront incompréhensibles ou presque.

Comment savoir jusqu’à quel point nos mots sont utiles dès la naissance de notre enfant ? Françoise Dolto écrivait : « Tout être humain est marqué de ce qui lui est dit au départ. C’est raconté dans les contes de fées, on dit les “mauvaises fées” et les “bonnes fées”, mais ce n’est pas un conte, c’est vrai !1 » Pour mieux comprendre un nouveau-né et sentir l’effet des mots, essayons de nous mettre dans sa peau.

Vous vous réveillez un matin à l’intérieur d’une fusée, vous avez froid. Quelqu’un vous fournit une combinaison tout en vous apportant de l’aide pour la mettre. La combinaison est lourde, le matériau avec lequel elle est fabriquée vous empêche de ressentir votre corps comme avant. Vous ne savez pas où cette fusée vous amènera. Vous ne savez pas ce qui vous attend. L’effet d’apesanteur vous donne des nausées. Vous avez quelques coéquipiers, leurs voix vous sont familières mais c’est la première fois que vous les voyez. Ils vous accueillent avec un grand sourire et des gros câlins. En réalité, vous vous sentez bien à leurs côtés, ils vous proposent à manger et à boire. Vos coéquipiers bougent, chantent. Ils parlent une langue étrangère, mais vous comprenez assez bien le sens des mots, le sens de leurs gestes. Ces personnes sont aimables avec vous et vous semblez être le centre de leur attention. Ils parlent de vous en disant « il est beau », puis l’un dit à un autre « il te ressemble tellement », « il pèse 65 kilos », « il faut penser à le nourrir à nouveau dans trois heures », « regardez, il sourit ! » Vous vous sentez protégé et perdu à la fois. Éprouvez-vous d’autres sensations agréables ? Certainement. Il y a cependant dans cette scène, un contexte que vous n’arrivez pas à comprendre. Vous avez besoin d’information.

Bébé a besoin d’information

Bien qu’une bonne dose d’ocytocine (hormone sécrétée par les sensations et les relations agréables) suffise au départ pour que les parents donnent un accueil de qualité à leur enfant, les mots ne sont pas accessoires. Tout commence par une brève présentation : « Je m’appelle Marie et je suis ta maman, voici Vincent, ton papa. Toi, tu t’appelles Louis, c’est le prénom que nous avons choisi pour toi. » Dans le cas des enfants entendants de parent(s) sourd(s), le besoin est le même. Il peut être comblé par un autre système de […]

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