© Anaïs Tamen
« Jouets, vêtements, collation... Elle veut tout comme ses copines ! », s’exclame Julie, maman d’une enfant de 3 ans et demi. Entre intégration sociale et identité propre, comment accompagner nos enfants sans imposer nos opinions tout en respectant nos valeurs ? Tour de table en Belgique, auprès de parents conscients. Julie, comme beaucoup de parents interrogés, est soucieuse de l’intégration de sa fille dans les groupes de jeu : « Je voudrais qu’elle s’affirme comme elle est, avec ses goûts, ses préférences, ses choix. J’essaie de lui expliquer qu’elle sera toujours aimée pour ce qu’elle est et pas pour ce qu’elle possède ou non. Je ne “cède” pas à chaque fois : pour la nourriture, elle a ce qu’elle aime, pour les vêtements, j’achète surtout en seconde main ce qu’elle aime porter ou ce qu’elle choisit. Mais j’aime lui faire plaisir aussi et elle est tentée par ce qu’il y a dans les magasins... Elle a une tirelire, qu’elle a le droit d’utiliser si je ne suis pas d’accord de dépenser de l’argent pour ce qu’elle a choisi. » Mélissa, maman de trois enfants, vit la même situation avec sa fille de 5 ans : « Elle voulait les mêmes chaussures que sa copine : non-éthiques au prix exorbitant ! Je lui ai expliqué plusieurs fois pourquoi je refusais, et c’est passé. J’achète surtout des vêtements en seconde main et cherche ce qui va leur plaire. J’achète peu de licences et uniquement pour les pyjamas, chaussettes et sous-vêtements, parfois des accessoires. Le plus grand, à 9 ans, comprend nos valeurs et choisit en conséquence. Récemment, il est revenu d’un anniversaire avec un pistolet à fléchettes en mousse... Je lui ai expliqué que s’il s’amusait à viser des objets et qu’il ne visait personne, ça pouvait être chouette et il a accepté. » Aurore D. aussi a « lâché du leste » avec sa fille de 10 ans : « Je n’accède pas à toutes ses demandes mais je n’ai pas envie qu’elle se sente à part. J’ai cédé pour quelques vêtements de marque mais on achète aussi dans les “kringwinkel”1 et ça ne lui pose aucun problème. Elle a voulu changer son cartable qui était rose pétant. On en a trouvé un mauve foncé pour 15 euros en seconde main, mais elle aurait bien voulu un neuf vu en magasin. Je n’ai pas cédé à sa demande. On essaie beaucoup les compromis ! Quand on ne veut vraiment pas, elle économise. Je trouve que je ne peux pas m’opposer à ce qu’elle veut acheter avec son argent. Je l’aide à se questionner : est-ce nécessaire ? Va-t-elle vraiment l’utiliser ? »

Les modes

Ophélie, dont la fille a 8 ans, accepte les demandes d’achat qui ne lui plaisent pas, mais les reporte aux célébrations. Quand le décalage avec ses valeurs est trop grand, elle explique pourquoi elle n’approuve pas, sans […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.