© Mikael Seegen
Entre terre et mer, le Danemark est le plus petit pays scandinave avec 5,7 millions d’habitants. Si on l’associe communément aux Vikings, aux contes d’Andersen et à l’invention du Lego®, il se distingue par son classement au World Happiness Report1 : en 2019, le Danemark se classe en deuxième position des pays les plus heureux, après la Finlande. Si tant est qu’il y ait des recettes miracles, nous allons essayer d’en percer les mystères. Soucieux de l’environnement, adeptes du vélo, les Danois sont résolument tournés vers l’extérieur, connectés à la nature. Est-ce le contraste entre le manque de luminosité l’hiver et les longues nuits d’été qui influence cette culture du plein air ? Dans les années 40, pour lutter contre la mortalité infantile due à la mauvaise qualité de l’air de l’habitat traditionnel, il était préconisé de faire dormir les nourrissons dehors. Le froid vivifiant renforce le système immunitaire, l’exposition au soleil permet de lutter contre le rachitisme et le sommeil des enfants en est plus long et réparateur. Bien que le bâtit se soit considérablement amélioré et que le taux de mortalité infantile ait chuté, la tradition reste ancrée dans les mentalités. Emmitouflés dans leurs combinaisons, les bébés danois siestent en plein air dans leurs poussettes sur les balcons des logis ou, plus étonnant, devant les cafés et restaurants (le parent préférant laisser son enfant dormir, entouré des bruits de la rue, plutôt que d’interrompre sa sieste pour l’emmener dans un environnement confiné tel qu’un café). Cette pratique, commune aux autres pays scandinaves, est considérée comme allant de soi par les Danois. C’est ce que Sarah Harkness2 appelle les « éthnothéories parentales », des pratiques parentales fondées sur des croyances implicites et liées à la culture du pays des parents. Il apparaît donc que les parents danois sont naturellement confiants !

L’appel de la forêt

Qui n’a jamais rêvé, enfant, de passer ses journées à courir dans les flaques, monter dans les arbres plutôt que de rester assis dans une salle de classe, toucher, sentir, expérimenter, découvrir par soi-même au contact des autres, au plus près de la nature ? C’est ce que proposent les « jardins d’enfants de la forêt »3. Munis de petites scies, les enfants apprennent, entre autres, à couper puis façonner des objets en bois, identifient les espèces d’oiseaux en écoutant leurs chants. Ces écoles alternatives ont vu le jour dans les années 50 sous l’impulsion d’Ella Flatau, enseignante dans une « maternelle itinérante » où les sorties quotidiennes dans la forêt étaient légion. Le gouvernement de l’époque s’est rapidement positionné en faveur du développement de ces écoles, afin de pallier le manque de places dans les infrastructures classiques. Aujourd’hui, elles représentent vingt pour cent des écoles maternelles danoises. Selon l’Union Internationale des Instituts de Recherches Forestières (IUFRO), les bienfaits des arbres réduiraient le stress, la colère et l’anxiété. Au cœur de la nature, libres de leurs mouvements, les enfants développent une plus grande confiance en […]

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