© Kuba Bożanowski
Le conflit, cette opposition d’intérêts entre deux ou plusieurs personnes, se manifeste à tout âge par des comportements qui amplifient la situation plus qu’ils ne l’apaisent. Pour dédramatiser et instaurer une communication nécessaire à la résolution de conflit, le jeu, comme outil de développement des compétences sociales et émotionnelles, est un acteur majeur approprié à la gestion positive des conflits : jouer pour restaurer l’harmonie

Quel que soit l’âge de l’enfant, le conflit fait partie du quotidien. Bambins, les conflits peuvent être importants en nombre tant les capacités cognitives des enfants ne sont pas encore optimales pour gérer leurs frustrations. Adolescents, les conflits sont moins nombreux mais de plus grande ampleur. Qu’il s’agisse de conflit d’intérêts (compétition pour la possession de biens, de territoire, d’espace vital), de pouvoir (en défense à la domination de l’un), de relation (désaccord sur la définition de la relation), affectif (en termes de sentiments des individus) ou culturel (vision du monde, valeurs), la nécessité d’acquérir la compétence de les gérer est fondamentale, tant pour la réduction de la violence ordinaire que pour la satisfaction des besoins de chacun. Considérer les intérêts de chacune des parties plutôt que les positions qu’elles adoptent fait appel à l’intelligence émotionnelle, aux notions de respect, d’empathie, aux capacités de négociation dont les enfants n’ont pas toujours les codes. Pour leur transmettre des pré-requis tels que la découverte de soi et des autres ainsi que l’instauration de la confiance, le jeu est un atout.

Le jeu, « une chose sérieuse1 »

Le jeu a de multiples avantages dont celui de faire appel à une faculté innée liée à notre condition même. Outil d’apprentissage, le jeu aide à la gestion de la relation : écoute, acceptation, assertivité, expression émotionnelle... dans le plaisir. Vecteur de compréhension des règles comme d’autrui, le jeu ouvre au dialogue et a des conséquences physiques tant sur le niveau de stress que sur la régulation de la tension et la surcharge pondérale. Il augmente la confiance en soi et réduit les plaintes et chamailleries2. Il restaure l’harmonie et permet à l’enfant d’être pleinement lui-même3. À distinguer des jeux éducatifs, les jeux d’attachement4 ont notamment pour objectif de favoriser la connexion et la coopération entre les deux parties, ce qui est l’idéal à atteindre en cas de conflit.

Jeu d’attachement : de l’importance du parent

Par jeu d’attachement, Aletha Solter entend jeu centré sur l’enfant qui suscite le rire et dans lequel il n’y a ni compétition, ni règles. Pratiqué sans équipement spécial, dans n’importe quel lieu, à n’importe quel moment, quelques consignes sont soulignées : il s’agit de se laisser guider par l’enfant, sans interprétation ni analyse, sans chatouilles ni taquineries et à distance des pleurs de l’enfant. Ces jeux peuvent prendre neuf formes. En ce qui concerne la gestion de […]

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