© Jenny Balmefrézol-Durand
Dans notre monde en grande partie régi par la technologie des écrans, il est de plus en plus difficile d’y échapper. Que ce soit pour le travail, pour communiquer avec ses proches, pour consommer, pour avoir des informations ou pour se divertir, les écrans sont presque partout. Les enfants voient les adultes téléphoner, regarder la télévision, pianoter sur leurs ordinateurs ou leurs tablettes et cela les influence inévitablement. Pour autant, certaines familles s’en passent et s’en portent plutôt bien ! Je ne développerai pas ici la théorie de l’impact des écrans sur le développement du cerveau, sur le comportement, la personnalité et sur la santé des enfants bien qu’il y ait beaucoup à en dire. Dans son livre1 La Fabrique du crétin digital, Michel Desmurget a fait un admirable travail de recherche sur le sujet. Son ouvrage regorge d’études fiables, de sources solides et contenus scientifiques sérieux. Je me contenterai ici de partager des témoignages de familles que j’ai interrogées, ayant fait le choix marginal de limiter l’accès aux écrans pour leurs enfants et plus largement pour leur famille.

Élisa est maman d’un bambin et belle-mère de deux enfants de 9 et 6 ans

« De mon côté, je n’ai pas eu la télévision petite. Dans ma perception, j’ai toujours pensé que ça nous avait permis de faire plein de jeux de société en famille, de passer plus de temps enrichissant ensemble. J’ai beaucoup lu, inventé des histoires avec mes jouets et passé du temps dehors dans la nature. J’ai un très bon souvenir de mon enfance. Ma sœur et moi nous ‘‘rattrapions’’ cependant notre temps de télévision chez nos grands-parents, chez nos amis et chez notre père un week-end sur deux. Cela nous permettait de parler des émissions TV avec nos camarades de classe et d’être un minimum ‘‘à la page’’. Aujourd’hui, je n’ai pas ce problème-là car mon fils de 16 mois n’ira probablement pas à l’école (projet d’IEF). Et puis je pense que les médias ont changé, il n’y a plus seulement une grosse référence TV mais plusieurs, comme les jeux vidéo, Internet... Il n’y a plus vraiment ce sentiment d’exclusion pour les enfants qui ne regardent pas les écrans puisque chacun a, de toute façon, ses habitudes avec tel ou tel écran et telles ou telles séries, émissions, etc. L’enfant sans écran passe plus inaperçu, il est même super intéressant auprès des autres car il est souvent plein de créativité. » Élisa fait elle-même attention à son rapport aux écrans car, en tant que parents, nous sommes avant tout des exemples. « Je fais très attention à ne pas regarder mon téléphone en présence des enfants. Si nous regardons un film, c’est quand ils sont couchés. Ça m’arrive de faire un travail administratif sur mon ordinateur mais ils voient rapidement que c’est du travail et non du divertissement, et j’y passe peu de temps. Je ne veux pas qu’ils intègrent ça à travers […]

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