© Patrick Lecomte
Quand nous devenons parents, nous découvrons vite un ennemi de taille qui va nous poursuivre des années durant : le regard des autres. Celui de nos propres parents, de la famille en général, des amis, des gens dans la rue, dans les magasins, les transports. Ce regard, il peut nous affecter grandement, nous faire douter, surtout quand nous avons fait des choix qui sortent de la norme. Mais il peut, aussi, être bienveillant et nous aider à avancer.

Parfois c'est un choix mûrement réfléchi avant même d'avoir un enfant, parfois c'est un virage qui se prend avec l'arrivée du premier, du deuxième ou du troisième enfant : nous ne ferons pas comme nos parents. Materner est loin d'être une évidence dans notre société. La plupart des parents préparent donc l'arrivée de leur premier né en suivant un schéma classique et préconçu : en achetant un lit à barreaux, une poussette, des biberons, un doudou, en décorant joliment une chambre à part et en réfléchissant déjà à la meilleure façon de rendre leur enfant autonome rapidement, de ne pas en faire un capricieux et en cherchant par avance les meilleures techniques pour un endormissement rapide et des nuits longues et tranquilles. Puis le bébé arrive et généralement bouleverse tout. Ce n'est pas parce qu'on emprunte une route balisée qu'elle sera sans ornières. Certains parents suivent la route envers et contre tout, parce que c'est ainsi qu'on doit faire. Quitte à ce que ce soit difficile, pour le bébé, pour eux. D'autres décident d'emprunter les chemins de traverse. Ceux qu'on considère comme contraignants mais qui, pour bien des parents, facilitent la vie de toute la famille.

Dormir avec son enfant, le porter en écharpe ou à bras, l'allaiter sont des choix peu populaires en France, surtout quand ils dépassent les 3 mois du bébé. Les parents maternants sont peu compris pour deux grandes raisons. La première touche à la conception de l'éducation : le portage, l'allaitement, le cododo n'aident pas (ou plutôt devrait-on dire ne forcent pas), pour la plupart des gens, le bébé à devenir autonome. Dans une société où le congé maternité dure deux mois et demi, on comprend la nécessité de pousser les parents à « couper le cordon ». La seconde concerne le confort des parents : beaucoup pensent que c'est à l'enfant de s'adapter aux parents et non l'inverse. Si on suit ce point de vue, une femme qui allaite est esclave de son bébé (encore plus si c'est un allaitement long), un parent qui porte devrait arrêter car il se casse le dos et dormir avec son enfant revient à sacrifier son couple et son espace nocturne. Il est, pour beaucoup, difficile de croire que ces choix puissent être faits avec sérénité et vécus avec bonheur (même s'ils impliquent certaines difficultés), tout comme il est compliqué de comprendre que ces choix simplifient énormément la vie des parents (le cododo et l'allaitement préservent le sommeil de toute la famille, par […]

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