Crédit Sophie Elusse

Lorsqu'on lit les journaux ces temps-ci, on constate que l'heure est un peu à la stigmatisation des écrans pour les enfants. « L'écran », un objet dont il faudrait les protéger : de son contenu, du temps passé devant et même du support en lui-même. Mais si l’on part du principe que l'enfant sait ce qui est bon pour lui, on admet aussi qu’il est capable de gérer seul son usage des écrans, même très jeune. J'en ai fait l’expérience et c'est plutôt bluffant.

Comme beaucoup de parents, j'ai longtemps été persuadée que l'usage des écrans devait être contrôlé, ou « accompagné » (ce qui revient exactement au même), qu'il y avait un « bon » âge, un « bon » contenu, un « bon » temps passé devant, etc. Étant plutôt d'une nature sceptique et préférant « savoir » plutôt que « croire », je n'ai pourtant jamais pensé que la nocivité des écrans, qui fait consensus (et c'est presque le seul dans le monde de la petite-enfance), pouvait être remise en question. J'ai été convaincue de cela durant très longtemps même si nous n'avons pas la télévision mais des tablettes et un ordinateur.

Vers les 3 ans de notre fils, j'ai discuté avec des parents qui ne classaient pas les écrans dans la catégorie des objets sataniques et en banalisaient l'usage. Intriguée par ce discours allant à contre-courant, j'ai commencé à faire quelques recherches.

La source des troubles vient de l'adulte et pas de l'écran

Je n'ai trouvé aucune étude convaincante, sans biais, sur la nocivité des écrans à court ou à long terme. En fait, dans tout ce que je lisais, la source desdits troubles de l'enfant avait davantage un lien avec le comportement de l'adulte, avec l’environnement dans lequel il vivait qu'avec l'écran lui-même.

Si j'interromps mon fils dans une partie passionnante de Playmobil® (et pendant ce temps je peux toujours tenter de lui parler, je n'existe plus), ou dans un travail sur lequel il est concentré, je m'expose exactement au même genre de « crise » attendue de l'enfant quand l'adulte éteint un écran qui diffuse quelque chose qui l'intéresse. Le problème est souvent là : pour beaucoup, ce que regarde l'enfant ne l'intéresse pas, il est juste « hypnotisé ». C'est une phrase toute faite qu'on entend partout, et que j'ai moi-même répétée d'un ton grave, sans vraiment y avoir réfléchi.

Qu'est-ce qui mérite d'être regardé ?

D'ailleurs, cette soi-disant hypnose est souvent associée à la « passivité ». C’est franchement peu valorisant pour l'enfant. Parce que nous, adultes, trouvons que le contenu n’a pas d’intérêt, nous considérons qu’il le regarde « malgré lui ». Et comment pouvons-nous décider pour une personne ce qui a ou pas de l’intérêt pour elle ? Y a-t-il des programmes qui « méritent » d'être regardés et d’autres pas ? Dire à son enfant, « ceci n'est pas […]

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