© Camille Masset Stiegler

Aujourd’hui, de plus en plus de parents souhaitent offrir une éducation emplie de bienveillance à leurs enfants, et c’est tant mieux. Ils vont parfois se documenter, lire des ouvrages, regarder des conférences, surfer sur le net afin de mieux cerner cette fameuse « éducation bienveillante » et de trouver des « techniques ». Mais la technique ne fait pas tout, et surtout, si on l’applique sans grande conviction, elle sonne faux.

Un exemple qui parle à beaucoup de gens est celui de la CNV (communication non-violente). Mise au point par Marshall B. Rosenberg1, la CNV nous invite à reconsidérer notre façon de communiquer, que ce soit la manière dont nous nous exprimons mais aussi celle dont nous écoutons. Ainsi, elle fournit des techniques permettant de maintenir le dialogue ouvert en cas de conflit, permettant de mieux exprimer son propre ressenti tout en étant empathique et ouvert au point de vue de l’autre. Cette façon de communiquer a fait des émules et on retrouve ainsi nombre de techniques s’inspirant de la CNV dans les livres parlant d’éducation bienveillante.

Le problème de la CNV

La CNV, en soi, n’est évidemment pas un problème, c’est très bien de communiquer sans violence et de développer son écoute et son empathie. Le souci, c’est la difficulté à s’approprier les outils donnés dans les livres ou autres supports sur le sujet. On retrouve souvent par exemple, lorsqu’il s’agit de gérer une émotion forte chez un enfant, la technique de la reformulation, avec la phrase type « Je vois que tu es en colère/triste/déçu…, tu aurais aimé ceci/cela au lieu de... ». Ceci peut aller assez loin puisque parfois les auteurs conseillent aux parents de développer toute une tirade : « Tu es triste parce que ta sœur joue avec ta fusée, tu aurais aimé jouer avec tout seul, peut-être même que tu aimerais retourner au temps où tu n’avais pas de sœur et où tu n’avais pas à partager ». Deux choses peuvent être dérangeantes avec ce type de phrases. D’abord, le manque de naturel. Beaucoup de parents n’arrivent pas à intégrer naturellement ces formulations à leur discours, ce qui n’est pas étonnant : elles ne sont pas naturelles, ne s’intègrent pas de manière fluide dans un dialogue. Il y a un côté « récité », une espèce de signal « je rentre en mode CNV ». Ce qui a deux inconvénients : celui qui parle n’est pas à l’aise et pas forcément très convaincu par ce qu’il dit, et celui qui écoute a l’impression de parler à quelqu’un d’autre que son interlocuteur qui tout à coup perd sa spontanéité et son parler habituel. Ensuite, elle peut sembler vaine, quand par exemple un enfant refuse tout dialogue voire ne nous entend pas (dans le cas d’une grosse colère, par exemple). Nous pouvons nous sentir tout d’un coup un peu ridicule avec notre « Je vois que tu es en […]

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