© Genoveva Desplas
Votre enfant rigole quand vous le grondez ? Exaspérant n’est-ce pas ? Vous imaginez à ce moment-là qu’il se moque de vous, qu’il s’amuse. Pourquoi réagit-il de cette manière ? De façon pragmatique, vous attendez de sa part un regard complaisant, des excuses, une réparation immédiate de sa soi-disant erreur et un petit « merci Maman-Papa de m’avoir réprimandé ». Or, il rigole et cela vous fait vous sentir encore plus en colère.

Croire qu’un enfant se moque d’un adulte est l’une des maintes idées reçues de l’éducation et de la relation elle-même. « Le sourire est une mimique, mais c’est surtout un puissant outil de communication », explique Gilles Julien dans Aide-moi à te parler ! La communication parent-enfant1. « Un outil préventif qui sert souvent à cacher des émotions et même de grandes blessures. Le sourire exprime surtout la joie, l’accueil et la satisfaction. Il est à l’opposé de la tristesse, de la défiance et de l’agressivité […] Rien ne vaut un sourire pour entrer en relation, pour se faire des amis et pour éviter les malentendus. Pourtant, le sourire cache parfois des peines et des colères […] »

Le sourire ou le rire nerveux

Il suffit d’un peu d’empathie pour donner aux gestes des enfants une interprétation utile. Si l’enfant pleure quand il se fait crier dessus, c’est bien normal et logique. Il a peur. Si l’enfant se met en colère, c’est normal aussi car ce n’est vraiment pas agréable de se faire crier dessus. Néanmoins, il y a d’autres réactions moins faciles à comprendre et à décrypter, telles que la soumission ou le sourire. Le sourire ou le rire nerveux chez un enfant est chargé d’un pouvoir générateur de lien. Ce pouvoir est invisible aux yeux de l’adulte qui le vit comme une atteinte à son travail de parent et même à sa personne. L’instant d’énervement de l’adulte devient pour l’enfant une menace, une atteinte à sa sécurité, une perte de repères. C’est pour lui un signe de désamour. L’enfant se retrouve démuni (tout comme l’adulte qui le gronde !). La réaction spontanée chez l’enfant est poussée par un besoin de défense, d’autoprotection. Il y a également l’intention de rester digne. L’enfant a un problème. Il se dit « Il est temps de récupérer Papa ou Maman, mon appui principal dans la vie, ma source de bonheur et de survie. Je dois rester digne face à ses réprimandes. J’ai un problème et j’aimerais ne pas l’avoir, j’ai envie de pleurer mais ma mère, mon père n’aiment pas quand je pleure. Que dois-je faire ? ». Dure affaire que d’imaginer tout ce que l’enfant se dit au moment des réprimandes.

Deux cas : Florian et Camille

Florian, 3 ans et demi, vient de ramasser de merveilleux objets lors d’une balade en […]

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