Pour conclure ce dossier, penchons-nous sur les capacités naturelles de l’enfant. Quand on parle d’enfants, on parle naturellement d’éducation, mais doit-on vraiment tout apprendre à l’enfant ? Il apprend très bien à marcher sans nous, par exemple… Courte réflexion sur inné, acquis et éducation. Il a été prouvé que l’empathie est totalement naturelle chez le petit enfant. Pourtant, aujourd’hui, nous parlons beaucoup de cette capacité innée, que ce soit chez les parents qui souhaitent apporter un accompagnement bienveillant à leur enfant ou, de plus en plus, dans les salles de classe, où les cours d’empathie et les météos des émotions se développent. Si l’empathie est innée, pourquoi devoir la travailler ?

Quand l’éducation sape le naturel

Si notre société se trouve dans le besoin de raviver la flamme de l’empathie, c’est bien parce qu’elle a soufflé dessus d’abord. Si les enfants (et les adultes !) sont incapables de comprendre et d’analyser les émotions des autres et de réagir de manière appropriée, on peut supposer que c’est parce qu’ils n’ont pas évolué dans un milieu empathique, qu’ils n’ont pas trouvé réponse et écoute à leurs émotions. Il n’est pas question, évidemment, de remettre en cause l’existence de ces cours d’empathie, qu’ils soient à la maison ou à l’école. Au contraire, c’est très bien. Il s’agit juste de constater qu’il est assez consternant de devoir « éduquer » à quelque chose qui est acquis au départ...

Les qualités et savoirs du petit humain

Avec quel bagage arrive le petit humain ? L’empathie, comme nous l’avons dit. Le désir d’apprendre, évidemment. Le tout-petit ne tend qu’à une chose, c’est devenir comme les plus grands qui l’entourent. Le désir de communiquer, aussi, et il le fait avant même de parler, par des sons, des pleurs, des mimiques, des gestes, des postures… Le désir de partager : très tôt, le tout-petit prendra grand plaisir à partager ce qu’il aime. Le désir de prendre soin : tout comme on prend soin de lui, le bambin aime s’occuper de ceux qu’il aime, et apporter son aide. Ce qui nous amène au besoin de participer : l’enfant veut apporter sa contribution, participer aux tâches du quotidien, ce qui entraîne naturellement à la volonté de participer à la vie sociétale. L’enfant n’a pas dans ses bagages la violence, l’impolitesse et l’envie de passer ses journées à ne rien faire. On peut donc s’interroger sur cette fameuse éducation : est-ce qu’elle n’est pas simplement un immense travail de sape quand il s’agit des qualités humaines ?

Revenons sur les mots

Aujourd’hui, l’éducation dite bienveillante est de plus en plus mise en avant. Peut-être faudrait-il revoir les termes. En parlant d’éducation, on a tendance à rester dans un schéma où l’éducateur domine l’éduqué. Où il lui impose un modèle (même avec douceur). En revanche, en parlant d’accompagnement, nous sommes dans un autre paradigme. Il s’agit d’être disponible pour aider l’enfant à évoluer, par lui-même. Un enfant accompagné par des adultes qui ne le mettent pas à […]

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