En voilà une invitation des plus surprenantes en temps de crise. Et pourtant, c’est bien à danser que je vous convie dans cet article consacré à la gestion des tourments de la vie par la communication non-violente (ou CNV), comme le détaille magnifiquement Serena Rust dans son ouvrage Quand la girafe danse avec le chacal1. Colère, agressivité, reproches, conflits, rancœurs... Les outils fournis par la CNV se proposent d’assainir toutes les relations houleuses en vue de restaurer l’harmonie et la bienveillance. C’est parti pour une valse à quatre temps !

Quatre temps comme les quatre étapes de la CNV telle que définie par Marshall Rosenberg2, à savoir observer sans juger, exprimer ses sentiments sans interprétation, parler de ses besoins et demander ce dont on a besoin sans l’exiger. Voici donc la trame que ce mode de communication vous propose de suivre, accompagné du chacal (dont le langage est fait de jugements, de critiques et de reproches) et de la girafe (qui symbolise le langage du cœur et de l’empathie).

Une prédisposition biologique et culturelle au langage chacal

Une crise résulte souvent de l’accumulation de tensions sous-jacentes qui, mises bout à bout, provoquent des bouleversements dans notre métabolisme. Notre pression artérielle augmente, nos muscles se crispent et le cerveau libère en trop grande quantité un cocktail explosif et toxique à base d’adrénaline et de cortisol qui nourrit notre malaise et notre colère. Survient alors cette explosion d’énergie hostile et incontrôlée, presque instinctive, qui cherche avant tout à soulager notre état émotionnel débordant. Notre sensibilité demeure à fleur de peau pendant toute la période de retour au calme émotionnel et hormonal, si bien qu’une étincelle suffit pour réalimenter la crise et empirer la situation. Cette réaction de notre métabolisme n’est heureusement pas immuable (sinon elle excuserait toutes nos dérives) et différents outils existent pour identifier les signes précurseurs et intervenir avant que la crise n’éclate, à l’image de la CNV.

Par ailleurs, la langue chacal est celle « de nos parents et de nos grands-parents, dans laquelle nous avons baigné et qui a imprégné et structuré notre mode de pensée »3. Nous sommes pour ainsi dire toutes et tous, de par notre éducation, notre culture, notre amour propre et notre besoin pourtant factice d’avoir le dernier mot, des chacals en puissance. Et nous sommes bien souvent prêts à tout pour ne pas perdre la face : dévalorisation, attaques, menaces, chantage, culpabilisation, accusation, déni de responsabilité, etc. Là encore la CNV apparaît comme un outil capable de casser les codes de cet univers binaire peuplé de gagnants et de perdants dans l’objectif d’enrichir nos relations.

La force de l’écoute empathique

L’écoute est l’un des deux instruments de la […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e
À la naissance de mes enfants, j'ai pris mon rôle de papa très à cœur. Je me suis progressivement ouvert à la bienveillance éducative, au portage, au co-sleeping, à l'allaitement long, à l'expression des émotions et dernièrement à l'IEF. J'ai rapidement trouvé dans Grandir Autrement l'accompagnement dont j'avais besoin pour éclairer mon propre cheminement de père. Traducteur et écrivain public, j'ai toujours évolué dans le milieu de l'écriture et c'est presque naturellement que j'ai soumis au cours de l'été 2019 ma première chronique au magazine qui avait lancé un appel pour recevoir des témoignages de papa. Je n'ai pas de formation particulière, juste mon expérience de père et l'envie d'échanger sur les merveilles/difficultés de la paternité et sur le monde qui reste à créer pour nos enfants.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.