© Jenny Balmefrézol
S’il est bien une différence entre l’homme et la femme, c’est la capacité pour la femme à porter, à donner naissance et à allaiter un enfant car son corps est prévu pour cela. Pour peu qu’elle soit actrice et consciente de cette suprématie, alors cette spécificité devient une force qu’elle peut vivre comme de l’empowerment. Ce terme anglais difficilement traduisible en français se rapproche de l’idée de « l’appropriation ou de la ré-appropriation du pouvoir ». Celui qui donne confiance, qui permet d’exister dans son identité propre et qui met en avant l’estime de soi. L’allaitement est une voie facilitatrice dans le pouvoir d’agir et de penser de la femme en libre conscience. Voyons ensemble en quoi l’allaitement participe à l’empowerment de la femme.

Ici et ailleurs et de tous temps, les femmes ont besoin de se rassembler pour révéler à elles-mêmes et se révéler entre elles leur pouvoir et leurs compétences à exprimer leur féminité et leur maternité, pour communiquer leur savoir d’enfanter et de nourrir leur bébé. Ce partage et cette transmission rendent les femmes d’autant plus libres et d’autant plus fortes qu’elles sont soutenues par un groupe. L’appartenance à un groupe leur permet d’oser, de réussir, et chaque réussite peut être corrélée au sentiment d’empowerment. En 1956, les premières rencontres entre femmes qu’organisait La Leche League étaient « les précurseurs du mouvement de libération de la femme » comme le soulignait Mary-Ann Cahill, l’une des fondatrices de LLL1. Ces groupes de parole toujours d’actualité en France et dans de nombreux autres pays offrent la possibilité aux mères de s’informer, d’être soutenues pour devenir la mère qu’elles souhaitent mais aussi de soutenir les autres mères afin qu’elles trouvent les ressources en elles qui leur permettront d’être la mère qu’elles souhaitent. Informées et actrices de leur maternité et de leur allaitement, les femmes acquièrent des compétences intellectuelles (savoir et savoir-faire) qui leur permettent de faire des choix éclairés, de vivre un allaitement libre, conscient et donc source d’épanouissement.

Allaiter sans demander

Ainsi baignée d’empowerment, la femme est confiante dans les choix qu’elle fait et suffisamment forte pour allaiter en public sans craindre que ses seins ne soient perçus comme des objets sexuels. Non. La mère allaitante qui a pris le pouvoir sur son corps, a pris en parallèle son féminisme à bras le corps et suffisamment d’aplomb pour ne pas avoir peur du regard des autres et de celui de la société. Donner le sein là où son bébé en a besoin et quand il en a besoin contribue à faire évoluer les mœurs : les femmes libres dans leur corps et dans leur tête allaitent sans demander la permission à quiconque. Elles répondent aux besoins de leur bébé sans se cacher et sans s’excuser. L’auteur canadien Joël Martine2 insistait dans les années 1970 sur l’importance pour le mouvement féministe d’intervenir sur l’enfantement et le maternage et de jouer ainsi « un rôle exemplaire dans la mise en œuvre d’une éthique de solidarité et d’émancipation […]

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