À l’heure où j’écris ce texte, la plupart des enfants font leur rentrée scolaire, avec un masque pour les plus grands et des consignes de « sécurité » incompatibles avec le respect de l’intégrité des personnes. De notre côté, rien n’a changé, cette année encore « Passion et Liberté » reste notre devise. Nos trois enfants ne sont jamais allés à l’école et nous ne faisons pas non plus l’école à la maison. Pourtant ils savent des tonnes de choses, ils n’ont pas de « retard », ils ont de nombreux amis, côtoient toutes les générations, ils font plein d’activités avec et sans nous, ils sont passionnés et joyeux !

Il y a autant de manières de pratiquer l’instruction en famille (IEF) que de familles qui la pratiquent. Je ne juge personne, ni ceux qui font l’école à la maison, ni ceux qui scolarisent leurs enfants, à chacun de faire avec son cœur. J’ai juste envie de partager un instant avec vous la réalité qui est la mienne. Puisse-t-elle inspirer certains, ou pas, ce texte est simplement un éloge de la liberté, dès le plus jeune âge. Je vais le dire comme je suis, avec mes mots, mon expérience de vie et ma réalité. De votre côté, vous l’accueillerez avec votre sensibilité, votre vision du monde et ce qui est juste pour vous. Je ne demande à personne d’être d’accord avec moi, cette lettre est juste un cri du cœur.

Apprendre en liberté

Vivre c’est apprendre, expérimenter, étudier, se confronter, faire et refaire, découvrir, redécouvrir, rater, réussir, s’exposer, se forcer, s’écouter, etc. On ne peut vivre sans apprendre, c’est impossible ! Par contre, on peut très bien vivre et être épanoui sans connaître le programme (arbitraire) de l’Éducation nationale. Néanmoins cela est très mal vu par cette institution. Chaque année, les familles qui font comme nous le choix de ne pas scolariser leurs enfants subissent (je trouve le mot très approprié) des contrôles (arbitraires eux aussi) de la part de l’Éducation nationale. Ces contrôles sont très souvent intrusifs, désagréables et les moyens mis en œuvre pour évaluer les enfants sont presque toujours absolument inappropriés. Bref, il se trouve que l’Éducation nationale nous impose, sous peine d’injonction de scolarisation, de faire entrer, contraint et forcé, le programme dans la tête de nos enfants (même si celui-ci change régulièrement et qu’il varie d’un pays à l’autre. Comme quoi ça ne doit pas avoir autant d’importance que ce qu’on veut nous faire croire). Et cela semble ne choquer personne ou si peu.
Bien sûr qu’il est utile de savoir lire, écrire et compter, mais comment y échapper dans un monde de chiffres et de mots, même si on le voulait on aurait du mal à le faire. En revanche, je pense que sans obligation, tous les enfants de 4 ans n’auraient pas automatiquement comme priorité d’apprendre l’alphabet, mais cela viendrait un jour et pour beaucoup sans même qu’ils s’en soucient. Bien sûr qu’il peut être chouette, ou pas, de savoir parler anglais. Mais pourquoi ne pas attendre d’en avoir besoin ou envie ? N’est-ce pas la manière la plus efficace d’apprendre ?
Bien sûr que, pour certains enfants, l’étude des guerres est passionnante, mais pour ma part j’ai préféré dessiner sur mes cahiers en rêvant à un monde en paix. Enfin, quoi qu’il en soit, tout ça ne devrait pas être une obligation, mais un choix personnel, c’est notre cerveau ! Pourquoi cela nous semble-t-il si légitime qu’une organisation sur laquelle nous n’avons aucune prise nous impose quoi apprendre et quand le faire ? Parce que c’est comme ça depuis si longtemps qu’on a oublié de se poser la question et parce que nous sommes formatés depuis tout petits par des croyances limitantes, induites par l’école.

Le choix de ses apprentissages

Si mon fils souhaite étudier la paléontologie alors qu’il n’a que 7 ans et qu’il ne s’intéresse pas aux calculs posés et si ma fille se passionne pour la langue tibétaine et qu’elle n’a pas envie de savoir lire le français à 6 ans mais plutôt à 9 ans, alors comment fait-on? Et si mon enfant souhaite faire six heures de sport par jour plutôt qu’étudier les multiplications l’année ou c’est dans le programme ? Et s’il a envie de faire de la gravure sur bois ou du tir à l’arc pendant deux mois sans s’intéresser à quoi que ce soit d’autre ? Eh bien cela est très très mal vu par nos inspecteurs, je vous l’assure.
Tant pis, nous, nous avons fait le choix de ne pas suivre le programme coûte que coûte mais de suivre nos enfants dans leurs rêves, dans leur enthousiasme, dans leurs passions. Non, nous ne nous soumettrons pas aux attentes encore une fois arbitraires et illogiques d’un État corrompu et trop souvent malveillant à l’égard de son peuple. Je fais bien plus confiance à mes enfants, à leur capacité à savoir ce qui est bon pour eux, à leur aptitude à apprendre par eux-mêmes, qu’à une organisation fourvoyée, à la botte d’un d’État oligarchique, gouverné par les banques qui, sous prétexte de vote, veulent nous faire croire que nous sommes en démocratie. Après toutes ces années sur les bancs de l’école, on ne sait même pas ce qu’est une démocratie. On nous ment matin, midi et soir, depuis la naissance jusqu’à la mort et je ne souhaite pas rentrer dans ce jeu. Je ne veux pas cautionner ce système en envoyant mes enfants à l’école (lieu de mensonges), les privant alors de leur liberté d’agir et de penser par eux-mêmes. Je sais qu’il existe de formidables profs, de merveilleux instituteurs et de bons établissements qui font ce qu’ils peuvent et ce n’est pas eux que j’accuse. C’est le système, le programme et les moyens choisis par l’État pour manipuler nos enfants qui me dérangent profondément. Mais, encore une fois, ce n’est que mon humble avis et pas une vérité universelle que j’expose…

Des étoiles dans les yeux

En réalité, ce qui me motive le plus pour vivre cette vie de unschooling, c’est que nos enfants sont heureux. Quel plaisir de les voir s’épanouir, vivre à leur rythme, construire et apprendre ! Je suis l’heureuse spectatrice de la vie dans toute sa splendeur ! Je ne joue pas à la maîtresse, je ne donne pas de cours, j’accompagne avec joie, avec attention et parfois aussi avec fatigue, mes enfants dans leurs apprentissages. Je les soutiens, je les écoute, je leur fournis des supports multiples et variés, je trouve des personnes ressources pour les suivre dans leurs projets, je leur montre ce que je sais et même parfois ce que je ne sais pas. J’apprends avec eux, je les observe, je les laisse vivre loin de moi quand ils le souhaitent. Ils sont libres d’être eux-mêmes, entourés et soutenus.
L’instruction en famille est un véritable choix de vie, c’est toute une organisation, une logistique quotidienne mais c’est pour moi l’une des plus belles choses qu’il m’ait été donnée de vivre ! Cependant, je travaille, j’ai même plusieurs métiers que j’exerce avec passion et il en est de même pour mon mari. Nous n’avons pas de mode de garde pour nos enfants, nous vivons la vie avec eux. Ils nous accompagnent souvent dans nos taches, ils trouvent leur place et se sentent utiles. Ils participent, jouent, observent, s’autonomisent. Ce n’est pas toujours simple, ce n’est pas toujours parfait mais c’est la vie ! On nous fait croire que pour acquérir les compétences nécessaires à la vie d’adulte dans notre société, il faut avoir été assis devant un bureau six ou huit heures par jour pendant un minimum de treize ans, mais c’est faux, totalement faux ! Il n’y a pas une recette, mais des millions. Il n’y a pas d’obligation, mais des possibilités. Pour nous, les apprentissages sont permanents et transversaux. Nous saisissons chaque occasion pour apprendre, expérimenter, approfondir et cela sans hiérarchie car tous les sujets sont intéressants. On joue, on lit, on cuisine, on construit, on marche, on calcule, on étudie, on dessine, etc. Et très souvent aussi, nos enfants font très bien tout ça sans nous !
Ce mode d’apprentissage peut sembler déroutant et pourtant c’est tout simplement la vie, dans le monde, sans artifices et sans programmes arbitraires. Le unschooling est pour moi un choix profond et complet. Je suis tellement enchantée de vivre cela au quotidien qu’il me tenait à cœur de le partager avec vous. Voilà chose faite ! Merci.

3 COMMENTAIRES

  1. Bonjour, super article qui retranscrit exactement mes pensées ! Je m’interroge juste sur un point : vu que vous ne suivez pas le programme de l’Éducation Nationale, n’avez-vous pas de problèmes avec les inspecteurs ? J’aimerais tellement faire l’unscooling à mon fils qui aura bientôt 3 ans mais j’ai peur qu’on me force à le scolariser si je ne suis pas le programme…

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