Si l’on part du principe que l’on apprend toute notre vie, alors pourquoi sans cesse mesurer le temps des apprentissages ? Réfléchir à l’éducation lente, c’est réfléchir à la qualité de notre vie et à celle de nos enfants. Bien souvent la société nous impose de manière insidieuse un « vivre vite » plutôt qu’un « vivre bien », mais il ne tient qu’à nous d’en prendre conscience pour réajuster nos vies.

Dans cet ouvrage, il est avant tout proposé de questionner la notion de temps. Même si le mouvement « slow » revendique l’étiquette de la lenteur, ce n’est pas si simple. Il s’agit en réalité de trouver le juste rythme, celui qui est propre à chacun et à chaque situation. C’est avant tout une question de tempo, de qualité de temps passé. Réfléchir à l’éducation lente, c’est réfléchir à un changement de paradigme.

L’éducation de nos enfants est par nature une activité lente

Ils grandissent doucement et prennent naturellement le temps nécessaire pour apprendre, comprendre et acquérir une multitude de savoir-faire et de savoir-être utiles à leur vie. D’une manière générale, l’éducation requiert du calme, de la patience et de la lenteur. Apprendre est un processus temporel et il est regrettable que nous, adultes, modifiions fréquemment le cours naturel de l’apprenant. Nous savons que nous, êtres humains, sommes capables d’assimiler rapidement une grande quantité d’informations qui nous serviront à avoir notre bac (par exemple), mais sitôt les épreuves passées, nous aurons tout oublié! Ici il ne s’agit pas de cela mais d’apprentissages pérennes et solides. « L’éducation est un parcours lent, ponctué de nombreux arrêts, permettant aux personnes d’évoluer intellectuellement et émotionnellement à travers de multiples situations. L’éducation profonde, celle qui conduit à la compréhension des phénomènes et du monde, au-delà d’une transmission simpliste, s’étire dans le temps. »

Normalisation du temps scolaire

Les neurosciences actuelles ont prouvé qu’en matière d’appren- tissages, plus tôt et plus vite ne sont pas synonymes de meilleur. Pourtant, l’école de manière générale pénalise la lenteur et encourage la vitesse. La normalisation du programme pédagogique de l’Éducation nationale ne permet pas non plus aux élèves de prendre leur temps. Il y a un temps pour tout et ce sont les adultes, auteurs et commanditaires des programmes, qui en décident. « Le temps devrait être la propriété de chaque enfant. La pression sociale, ainsi que notre bonne volonté, nous poussent à demander aux enfants de savoir faire de plus en plus de choses, le plus tôt possible. Nous organisons alors tout leur temps.Les enfants subissent de longues journées de travail durant les- quelles ils n’ont pas une minute de répit : ils enchaînent les apprentissages, de manière continue et étouffante. Le temps scolaire suit ce schéma : ce sont des fragments qui se suivent. Nous organisons leur temps et surtout le découpons en petits morceaux, parfois sans lien les uns avec les autres. »

Mesurer le temps

Bien entendu la notion de temps est tout à fait […]

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