© Mélanie Mélot www.melaniemelot.fr

L’écoparentalité est un concept empirique qui permet de montrer la logique et la cohérence qui sous-tendent diverses pratiques parentales en apparence hétérogènes. Cette cohérence est liée à la qualité écologique des liens familiaux que ces pratiques parentales permettent d’instaurer. Toutefois, il n’est pas question de prescrire des pratiques, de dire ce qui est bien ou mal en soi, mais de montrer en quoi une pratique est plus, moins ou pas du tout écologique. Je vais tâcher dans cet article de définir comment cette notion d’écoparentalité a été formée.

Daliborka Milovanovic1, ancienne directrice de publication de Grandir Autrement, inspirée par la notion d’allaitement écologique qu’elle avait rencontrée au sein de La Leche League2, a appliqué la notion d’écologie à divers comportements de soins prodigués aux enfants, habituellement par les parents, et aux interactions humaines, et a identifié des comportements présentant certains traits communs qu’elle a qualifiés d’écologiques. Elle a ainsi d’abord parlé de parentalité écologique, comme je le faisais moi-même en parallèle, avant d’adopter dans ses écrits, conférences ou ateliers, le terme d’écoparentalité, dont la première occurrence date de 2015, pour caractériser une certaine qualité du lien familial et pas seulement un ensemble discontinu de comportements. Elle explicitait sur le ton de la plaisanterie le fait que l’écoparentalité ne consistait pas à trier ses déchets en famille (ou pas uniquement peut-être) et avait un sens bien plus large. Elle voyait une évidence dans le fait que certains envisageant différentes pratiques puériculturelles et parentales comme un package avaient en fait une cohérence. Le terme apparaît la première fois dans une publication de Grandir Autrement en septembre 2016, numéro 60 anniversaire, dans lequel Daliborka et moi-même avions d’ailleurs écrit un article à deux mains intitulé : « Le magazine des parents nature ? ». Cette signature de marque, qui avait été celle de Grandir Autrement depuis ses débuts, semblait ne plus convenir pour différentes raisons et l’équipe du magazine en a cherché une nouvelle. C’est dans ce cadre que Daliborka a proposé que Grandir Autrement devienne « Le magazine de l’écoparentalité », ce qui a été approuvé et adopté dès le numéro 66 de septembre 2017. Daliborka et moi-même nous sommes retrouvées pour tâcher de mettre au jour ces liens écologiques et donc, précisément, de déterminer ce qui relèverait d’une parentalité écologique, une écoparentalité, travail que nous continuons également par le biais de notre maison d’édition, Le Hêtre Myriadis, dont un des sujets de prédilection est celui des relations familiales écologiques. Cette mise en évidence a posteriori, à partir de ce qui est, de la qualité de l’écologique dans le lien est la raison pour laquelle l’écoparentalité ne peut être qualifiée de prescriptive, c’est-à-dire ne cherche pas à prescrire ce qu’il faudrait faire ou non avec ses enfants, ce qui nous semble être l’écueil de la caractérisation de parentalité positive ou […]

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Mélissa Plavis Je suis maman de quatre enfants : Liam et Lissandro, des jumeaux (2006), Alawn (2009) et Elyssan (2012). Mes enfants "grandissent autrement" depuis leur naissance. J’ai vécu avec eux quelques expériences dont il question dans Grandir Autrement : césarienne, AVAC, accouchements à domicile, allaitement long, de jumeaux, co-allaitement, communication sur les besoins d'élimination (HNI), instruction en famille, unschooling. Et j’en ai vécu d’autres pour moi-même : connaissance de sa fécondité, contraception naturelle, flux libre instinctif, etc. Selon moi toutes ces pratiques sont reliées et ont un lien direct avec l'écologie. Je m'intéresse aux alternatives écologiques dans tous les domaines et en particulier sur les questions de parentage proximal, de parentalité écologique et d’écoféminité. Je suis auteure d’un ouvrage intitulé Apprendre par soi-même, avec les autres, dans le monde. L’expérience du unschooling, publié aux Éditions Le Hêtre-Myriadis en 2017. Je suis également doctorante en anthropologie à l’université Paris-Nanterre et je travaille sur la question de la parentalité dans les familles en unschooling. Je dis parfois que je suis accompagnante polyvalente dans la mesure où ma spécialité est l'accompagnement, qu'il s'agisse de femmes, d'hommes, de couples, d'enfants, de personnes handicapées ou âgées. J'ai commencé ma vie professionnelle en tant qu'éducatrice sportive handisport et sport adapté. J'ai également été animatrice LLL et animatrice portage au sein de l'association Peau à Peau. Je suis une slasheuse comme on dit aujourd'hui : doula, formatrice en portage physiologique, formatrice en planning familial naturel (connaissance de sa fécondité, contraception naturelle, désir d'enfant). De plus, je suis attachée à communiquer sur la gestion du flux appelé également le flux libre instinctif (ou encore les femmes sans couche, parce qu’il n'y a pas que les bébés qui y ont le droit). Lorsqu'on m'a proposé d'écrire dans Grandir Autrement, j'ai bien sûr accepté avec joie. Contribuer à un magazine mettant en lien parentalité et écologie (et donc aussi féminité) ne pouvait pas mieux tomber. Je prends donc depuis janvier 2016 un grand plaisir à y écrire pour partager mes expériences et les idées que j'ai pu développer tout au long de ma vie ou bien d'aborder des thématiques avec la perspective qui est la mienne et ainsi, en me découvrant, les réinterroger tant que possible. Parce que je crois que la diversité est la résilience et/ou que la résilience est la diversité, je suis heureuse de pouvoir exercer toutes ces activités qui, bien que différentes, restent liées par les valeurs qu'elles soutiennent et véhiculent. Une façon pour moi d'allier ces valeurs à ma vie professionnelle sans mettre de côté ma vie familiale.

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