© Marlène Fisseau
Si l’eau a bien des visages, c’est parce qu’elle est omniprésente sur notre planète unique en son genre. Elle est la source de toute vie, elle habite chacune de nos cellules. À ce titre, elle est probablement la mieux placée pour nous ressourcer, nous insuffler un nouvel élan, qu’il soit créatif, spirituel ou émotionnel.

L’eau croupie qui patiente, comme morte ou presque, dans un lit nauséabond, ou bien l’eau joyeuse qui danse en dévalant la montagne, ou encore cette eau furieuse, salée et violente qui se déchaîne au gré des humeurs des vents : l’eau a moult visages, bien des façons de nous surprendre et de se montrer, comme mille costumes qu'elle enfilerait pour se glisser partout, de l’intérieur d’un cactus à la pluie morne et grise d’un automne anglais. Quand on prend le temps de l’observer, on s’en émerveille et, très vite, on tombe en admiration devant toutes ses étonnantes facettes. Incontournable, élémentaire, essentielle : une évidence, en somme, qu’elle soit la source des plus belles œuvres d’art.

L’eau, source d’inspiration

L’eau réunit les couleurs, les lumières, les paysages, elle peut être miroir ou bien peinture. Elle peut être vivante ou bien élément de décor. Elle peut être bruyante, musicale, chuchotante, tapotante, cliquetante, assourdissante… et donner à Ravel, Liszt, Debussy ou encore Haendel l’envie d’écrire une musique à nulle autre pareille. Chopin écrit Prélude à la goutte d’eau lorsqu’il est en voyage à Majorque avec George Sand. Si l’eau donne à la musique ses lettres de noblesse, elle se décline aussi en une infinité de nuances dans les palettes des plus grands noms de la peinture, tels que Monet ou Turner. Effets d’ondulation, de transparence, de miroir ou de reflets flous, représenter l’eau est un défi qui donne lieu à une multitude d’expérimentations, tant visuelles que techniques. Bien que souvent source de lumière, à la surface de laquelle les rayons du soleil rebondissent et ricochent, elle peut aussi, dans les profondeurs des bleus, être d’obscurité et d’ombre, effrayante et mystérieuse. Alors elle inspire les poètes et les jeux de mots et de sonorités se veulent métaphores et allégories pour traduire ce paradoxe d’une transparence de surface qui, après plusieurs mètres de descente, filtre la lumière au point de maintenir les abysses dans la nuit. Ces nuances de bleu et de vert invitent au rêve, à l’indolence, au lâcher-prise ou au fantastique. Rimbaud nous emmène à la poursuite d’un bateau ivre tandis qu’Andersen invente des sirènes ; les mythes anciens nous parlent de kraken, de Poséidon ou de dryades et Botticelli fait sortir Vénus des eaux, comme un enfant vient au monde en quittant l’eau maternelle. L’eau ne laisse aucun de nos sens au hasard et chaque époque voit son lot d’artistes tentant de la représenter de moult façons, mais au-delà de ses représentations, concrètes ou abstraites, réalistes ou imaginaires, l’eau parle à l’âme.

Ce que l'eau dit de nous

Élément féminin et […]

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