© Saul Cerda Palacios
© Saul Cerda Palacios
Laëtitia est doula et mère de deux enfants. Si le féminisme s’est imposé à elle au fil de son parcours de femme et de mère, c’est aujourd’hui entre quatre yeux qu’elle nous explique comment l’accouchement tel qu’il est vécu aujourd’hui en France, fief d’une société patriarcale qui ne respecte pas la physiologie du corps féminin, demeure l’une des plus grandes batailles à mener pour les femmes.
  • Grandir Autrement : Vous êtes maman et doula et, à travers votre expérience professionnelle et personnelle, vous avez peu à peu constaté que l’accouchement était entouré d’une problématique complexe, celle du droit des femmes à choisir, à vivre avec leur corps des choses qui leur sont propres. Une problématique que vous qualifiez à juste titre de féministe. Pourriez-vous nous en dire plus sur tout ce parcours ? Laëtitia : Je suis devenue doula après les naissances de mes deux enfants. J’ai vécu mes deux accouchements à la maison, où tout s’était plutôt bien passé. Après ces accouchements, j’ai rencontré d’autres mères qui, elles, avéaient accouché à l’hôpital, et j’ai constaté à travers leurs récits qu’il y avait toujours un problème. Tous ces accouchements avaient eu, bizarrement, quelque chose de pathologique ! Au début, j’ai trouvé cela surprenant, puis choquant, jusqu’à ce que j’en sois révoltée. J’ai commencé à me demander pourquoi l’hôpital renvoie nécessairement une image problématique et pathologique de l’accouchement alors que les accouchements à domicile se passent quasiment tous sans problème médical ? J’ai eu envie de devenir doula pour deux raisons. La première, c’est que je voulais me positionner et accompagner des femmes contre cette atteinte du droit à disposer de leur corps et la deuxième, c’est qu’en devenant maman, je me suis sentie isolée. J’ai réalisé qu’on est très seule face au rôle social de la maternité. De là, je me suis formée.
  • Et vous avez commencé à accompagner des femmes. À travers ma pratique, j’ai pu observer ce qui se passe en salle d’accouchement. Les femmes sont dépossédées de tout, même de choses aussi fondamentales qu’aller aux toilettes, se nourrir, boire… Pour mon projet de fin d’études de doula, j’ai travaillé sur le trouble de stress post-traumatique (TSPT) post-natal et j’ai rencontré des femmes qui avaient subi des épisiotomies ratées, des sutures à vif, qui ont entendu des propos humiliants, ou qui ont été victimes de techniques de manipulation de la part des équipes médicales pour accepter la péridurale alors qu’elles n’avaient pas forcément mal ou pas envie de cette péridurale… Il y a des femmes en travail qui se présentaient la nuit en maternité, dont on arrêtait le travail pour le relancer le matin, afin de ne pas avoir à gérer un accouchement de nuit, parce que ça incommodait les équipes ! J’ai alors réalisé à quel point cette atteinte allait parfois au-delà de l’imaginable.
  • Face à toute cette souffrance, qu’avez-vous fait ? Partant de là, je suis devenue militante pour l’accouchement à […]

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