© Anaïs Tamen
Dans un article paru en 2015 dans le dossier de Grandir Autrement sur la simplicité volontaire1, j'écrivais : « Si les parents ont une multitude de choses à transmettre à leurs enfants, l'enfant est lui aussi un modèle pour ses parents : un modèle de spontanéité et d'authenticité. La sobriété heureuse est pour lui une seconde nature ! Point n'est besoin de l'entourer d'une multitude d'objets (jouets, mobilier, articles de puériculture) quand il trouve tout ce dont il a besoin auprès de ses parents. L'enfant peut ainsi être notre premier guide sur la voie de la simplicité. » J'en demeure convaincue. Mais comment s'acheminer doucement vers plus de simplicité dans notre quotidien, qui plus est dans notre quotidien en famille, quand tout, dans la société, nous pousse à faire toujours plus, plus vite, à posséder plus, à consommer plus ? Et si nous commencions par prévoir moins ? Moins d'activités, afin de laisser plus de place à l'improvisation, moins de jeux et de jouets pour offrir davantage d'espace à l'imagination et à la créativité, en deux mots, moins de contraintes pour plus de liberté !

Nous avons tous des contraintes (notamment liées à notre activité professionnelle) qui nous obligent souvent à suivre un planning établi à l'avance. Raison de plus pour profiter de la moindre plage de liberté pour faire autrement ! Alors, si, plutôt que de d'avoir un emploi du temps bien défini, y compris le week-end, nous laissions libre cours, dès que possible, à l'improvisation ? Je ne veux pas dire qu'il ne faut rien prévoir : projeter d'aller faire une balade en forêt ou d'aller visiter une expo qui nous fait envie permet d'initier le mouvement, même si le but de la balade se verra peut-être transformé en cours de route. Peu importe. L'idée, c'est de passer du temps ensemble et que chacun profite de ce moment, quitte à modifier notre plan initial, si toutefois nous en avions un. Rien n'empêche, non plus, d'avoir une activité régulière, comme un cours de danse ou de piano par exemple, du moment que l'on s'y rend avec plaisir. Mais dès lors que celle-ci est assimilée à une contrainte, il est peut-être temps de s'interroger sur nos réelles motivations à continuer… ou tout simplement d'arrêter ! Mieux vaut un seul rendez-vous hebdomadaire dont on profite à fond que de multiples activités qui ne nous laissent plus le temps de nous poser et, simplement, de ne rien faire.

Il en est évidemment de même pour les enfants, en particulier ceux qui vont à l'école : cela représente déjà une contrainte en soi, qui devrait nous faire reconsidérer leur temps libre ! Il ou elle a très envie de faire du judo ? Proposons-lui d'essayer un cours (idéalement deux ou trois séances, une seule étant rarement suffisante pour se faire vraiment une idée) et, à l'issue de cette période d'essai, si il ou elle souhaite poursuivre, réjouissons-nous. Mais ne nous sentons surtout pas obligés pour autant de les inscrire à une foultitude d'activités le […]

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