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À l’heure où l’on s’interroge beaucoup sur le devenir de la planète, certaines communes en France ont osé franchir un pas important vers une mort plus respectueuse de l’environnement. En France la législation impose deux façons d’accompagner nos morts vers leur dernière demeure, l’enterrement dans un cercueil dans un cimetière ou la crémation avec dispersion des cendres ou conservation dans des lieux adéquats. Jusque récemment, l’enterrement prévalait très largement, la crémation était très peu choisie, on a donc aujourd’hui des cimetières toujours pleins, des caveaux parfois somptueux en pierres nobles, des cercueils en essence de bois de chêne ou venus d’ailleurs, etc. Accorder à un proche une demeure qui perdure devait sans doute perpétuer le souvenir de celui-ci, les caveaux de famille se devant d’être beaux, voire clinquants ! Enfin la préparation des morts se fait avec des produits chimiques permettant une conservation optimale des corps. Tout ceci n’est pas sans impact écologique.

La vie dans un cimetière

Après Pruille au sud d’Angers, qui a créé un cimetière vert en 2004 où les arbres remplacent les pierres tombales, la ville de Niort a franchi un cap en créant en 2014 le premier cimetière écologique en France. Un lieu boisé, de l’herbe, des fleurs sauvages, on se croirait pour peu dans un parc, mais il s’agit du nouveau cimetière de Niort. Il jouxte l’ancien avec ses pierres tombales, ses caveaux en granit. On est passé d’un cimetière minéral à un cimetière végétal. Le défi est de taille, au-delà de l’aspect qui peut paraître sauvage, voire selon certains mal entretenu (notons que les cimetières sont gros consommateurs de pesticides !). L’idée est aussi de sensibiliser la population aux choix pour le corps du défunt. Pas de cercueil vernis, mais en bois naturel ou en carton, il reposera à même la terre et sera recouvert de terre. Enfin il s’agit aussi de privilégier des vêtements naturels comme derniers atours du défunt plutôt que des fibres synthétiques, et de limiter les soins de thanatopraxie1 trop souvent constitués de produits chimiques polluants. Pour ceux qui ont choisi la crémation, de plus en plus nombreux aujourd’hui, un lieu ombragé avec une meule au centre en guise de banc permet la dispersion des cendres. Cette idée a fait son chemin depuis, Paris vient d’annoncer son intention de réserver une partie du cimetière d’Ivry-sur-Seine pour des enterrements zéro déchet. Pas de monuments funéraires, seules des petites stèles en bois seront implantées, et on ne pourra choisir qu’entre un cercueil carton ou bois provenant de France, la tombe sera creusée à la main, les soins seront limités à une toilette et le défunt sera revêtu de fibres naturelles. Pour avoir une concession, il faudra accepter toutes ces clauses. En Angleterre, 270 cimetières écologiques ont vu le jour depuis les années 1970, ce sont des parcs arborés publics.

Vers l’humusation ?

Si nous sommes de plus en plus nombreux à souhaiter des funérailles vertes, les cimetières verts commencent tout juste à se développer en […]

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