© Nehemie
Sous prétexte d’éducation, on demande parfois aux enfants des exercices de soumission qui dépassent largement ce que l’on accepterait nous-même. La politesse, avec ses fameuses formules, en est un qui, s’il a sa raison d’être, est parfois disproportionné, surtout quand il s’agit de répondre aux besoins fondamentaux des enfants que nous avons mis au monde, sachant par avance qu’ils seraient dépendants de nous au minimum quelques années après leur naissance. Les bébés viennent au monde dépendants de nous, ils ne font pas grand-chose seuls, mis à part pour ce qui est de leurs fonctions vitales. En grandissant, cela change petit à petit. Des années durant, nos bébés, bambins et enfants, nous sollicitent pour énormément de choses, que ce soit d’ordre émotionnel, physique ou pratique. Ils ont grandement besoin de nous. De notre côté, parfois c’est fatigant voire épuisant. De plus, les injonctions de la société nous poussent à avoir besoin de reconnaissance et nous demandons ou même imposons à nos enfants d’être reconnaissants et surtout de le dire avec de belles formules !

« S’il te plaît Papa d’amour », « Merci Maman chérie »

Mais pour un enfant, cela a-t-il vraiment du sens ? Il se trouve que boire est un besoin vital chez un être humain. Quand un enfant a soif et qu’il n’est pas en capacité physique d’atteindre le robinet, d’attraper un verre ni de se servir seul, alors il est dépendant de notre disponibilité et de notre bon vouloir1. Et à ce moment-là, s’il ne met pas les formes suffisantes, ça peut vite tourner au drame. Non ! On dit : « S’il te plaît Papa (d’amour) », ou encore « merci Maman (chérie) » : ceci devient parfois un exercice de soumission que certains enfants au caractère bien trempé ne supporteront pas. Je comprends bien que nous ne sommes pas les esclaves de nos enfants mais je comprends aussi que leur dépendance est parfois plus pesante pour eux que l’on peut le penser. Je ne dis pas que d’être agréable n’est pas justifié, mais seulement qu’on demande trop souvent aux enfants de mettre des formes partout alors même qu’ils sont parfois pris dans une réalité bien différente de la nôtre. Une envie de faire pipi peut empêcher un enfant d’être suffisamment concentré pour penser aux formules de politesse en vigueur. Et sans ces formules, l’enfant ne cherche pas être désagréable, mais juste efficace, il ne pense pas à mal et cela n’enlève rien à la gratitude quotidienne qu’il a envers la personne qui l’aide dans ses actions.

La responsabilité des parents

Nous avons fait un enfant et cet enfant, comme tous les êtres vivants, a des besoins fondamentaux, vitaux, qui sont physiques et émotionnels. En tant que parents, nous devons les respecter et les combler au maximum, c’est notre responsabilité. Quoi qu’il en soit, avec ou sans les formes, nous nous devons de nous occuper de notre progéniture. Imaginons-nous un instant être lourdement […]

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