© Genoveva Desplas
Protéger un enfant, l’aider, lui donner des ordres et des conseils : ces automatismes au quotidien sont aussi un moyen de communication. Nous transmettons des messages par notre façon de répondre (ou non) aux besoins de nos enfants. En même temps, notre degré de réactivité est lié à notre quête d’efficacité ou à la volonté d’éviter des désagréments à l’enfant. Jusqu’où assister un enfant sans pour autant le rendre trop dépendant ?

En faisant une action répétitive telle que préparer les vêtements à porter le lendemain ou servir le repas à un enfant qui serait capable de le faire tout seul, l’attitude du parent dit : « Je sais ce qui est bon pour toi, ce que tu dois porter demain. Je sais quelle quantité de nourriture te convient. ». « Je fais à ta place pour t’aider, parce que je veux que les choses soient bien faites, faites à ma manière. Je sais quelle couleur de tenue te va car j’aime certaines combinaisons de couleurs. À quoi bon te laisser faire quand il est si simple d’aller plus vite si c’est moi qui fais ? Si je te laisse te servir, ton assiette n’aura pas un aspect rassurant pour moi. De plus, tu risques d’en mettre partout. »

Nous agissons selon nos propres peurs

Avez-vous remarqué à quel point notre volonté de faire à la place d’un enfant touche au plus profond de nos peurs ? Nos peurs sont liées à son avenir. Le court, le moyen et le long terme concernant sa vie font partie prenante de notre charge mentale quotidienne. Je t’aide à préparer ton cartable de peur que tu oublies ton cahier de maths, de peur que tu aies des problèmes à l’école. C’est ainsi que l’enfant s’aperçoit que son adulte référent est toujours là pour lui, pour elle. Le sera-t-il toujours ? Il prend l’habitude de faire uniquement le strictement nécessaire pour vivre confortablement. Est-ce que mon fils pourra se débrouiller tout seul lorsqu’il portera pour la première fois sa paire de lunettes à l’école ? Est-ce qu’il saura se défendre s’il se fait taper par ses camarades ? Et plus tard, sera-t-il capable de gérer le planning de ses cours au collège ? Saura-t-il gérer son budget mensuel pendant son année d’études à l’étranger ? Est-ce que ma fille sera capable d’enfiler son haut après la séance de piscine ? Devrais-je appeler la mère de sa meilleure copine pour lui dire qu’elle n’aime pas le gâteau au chocolat, pour qu’elle puisse prévoir autre chose pour elle ? Je connais ma fille, elle est tellement timide qu’elle risque de ne rien dire et de se forcer à le manger.

Les enfants sont « dépendants » des adultes ! Par sa taille, par son poids et par le stade de développement de son cerveau, un enfant de 4, 5, 6 ans n’est pas en capacité de signer un contrat de location pour habiter tout.e seul.e ni de porter une casserole d’eau bouillante pour se préparer son propre […]

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